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Campagne présidentielle : les mutuelles au cœur du débat

La problématique de remboursement des soins de santé, par la Sécurité Sociale et par les mutuelles, continuent d'alimenter le débat de l'élection présidentielle. Le Président de la Mutualité Française, Thierry Beaudet, réagit aux dernières propositions dans Les Echos.

Propositions mutuelles santé présidentielle 2017

François Fillon avait en décembre dernier ouvert le débat sur les dépenses de santé en souhaitant que la Sécurité Sociale se concentre sur les maladies graves et de longue durée, laissant la prise en charge des maladies courantes aux complémentaires santé, assureurs et mutuelles.

Les candidats socialistes et plus généralement de la gauche, en opposition, privilégient des propositions mettant la Sécurité Sociale au centre des problématiques de remboursement des soins de santé.

De la mutuelle publique à 10€ à la prise en charge intégrale par la Sécu

Arnaud Montebourg proposait d'abord une "mutuelle à prix modéré", avant de préciser sa proposition lors de la présentation de son programme économique, en souhaitant instaurer une mutuelle publique à 10 euros. Jean-Luc Mélenchon propose pour sa part la prise en charge intégrale des soins de santé par la Sécurité Sociale. Avec deux incidences fortes : plus besoin de remboursements complémentaires par les mutuelles, et un reste à charge inexistant pour le patient...

Une dernière proposition défendue par Martin Hirsh, président des Hôpitaux de Paris, qui montre du doigt, dans une tribune publiée dans Le Monde, les dépenses publicitaires et marketing des mutuelles et des assureurs.

Les mutuelles en danger selon Thierry Beaudet

Dans une interview donnée au journal Les Échos, Thierry Beaudet, le Président de la Mutualité Française, s'alarme de ces propositions, rappelant que l'assurance maladie obligatoire a encore "4 milliards de déficit en 2016 et 120 milliards de dette sociale accumulée".

Jugeant certaines propositions irréalisables, M. Beaudet explique que les mutuelles et les ménages financent plus de 42 milliards d'euros des dépenses de santé, qui devraient être transférées par conséquent à l'Assurance Maladie si la proposition de Jean-Luc Mélenchon était appliquée. Il souligne que les mutuelles ont "investi pour proposer le tiers payant généralisé aux patients", et que les plateformes d'étude de devis ont permis de "faire baisser de 30% les factures d'optique".

La sonnette d'alarme est tirée : la suppression des mutuelles entraînerait selon lui "la disparition de 5,3 milliards d'euros de recettes fiscales", accompagnée d'une "triple casse : casse sociale, avec 85.000 salariés dehors pour les seules mutuelles (...) ; fragilisation de l'assurance-maladie obligatoire déjà déficitaire, et enfin réduction de l'offre de soins à tarifs accessibles".