La consommation d'alcool chez les jeunes

Les jeunes, notamment au moment de l'adolescence, sont attirés par l'alcool. Les conséquences d'une consommation excessive sont nombreuses et peuvent être néfastes pour la santé. Même si les cas de dépendance restent relativement rares, il est important que les parents demeurent vigilants quant à la consommation d'alcool de leurs enfants. Quels sont les chiffres à connaître en matière de consommation d'alcool chez les jeunes ? Quelle attitude privilégier face à des adolescents consommateurs ? Quels sont les signaux qui doivent alerter les parents ?

Consommation d'alcool chez les jeunes et les adolescents : quelques chiffres

De nombreuses études ont permis d'analyser et d'évaluer la consommation d'alcool chez les jeunes adultes et chez les adolescents :

  • l'âge moyen de la première consommation d'alcool est de 12 ans pour les garçons et de 13 ans pour les filles. Cette consommation survient généralement dans un contexte familial avant de se transposer dans un contexte amical vers l'âge de 16 ou 17 ans ;

  • selon une enquête de l'IREB (Institut de Recherches Scientifiques sur les Boissons) publiée en 2008, la consommation d'alcool est à son apogée entre 20 et 22 ans chez les garçons et entre 18 et 20 chez les filles ;

  • l'alcool est la substance nocive la plus précocement consommée, avant le tabac et les drogues.


Focus sur l'enquête ESCAPAD parue en 2011

L'enquête ESCAPAD parue en 2011 porte sur la consommation par les jeunes et particulièrement par les adolescents, de substances psycho actives licites ou illicites. Environ 27 402 personnes âgées de 17 ans ont été interrogées dans le cadre de cette enquête. Les principaux éléments que l'on peut retenir sont les suivants :

  • en termes de substances les plus diffusées, l'alcool arrive en tête devant le tabac et le cannabis. En pratique, environ 9 jeunes sur 10 âgés de 17 ans ont déjà consommé de l'alcool ;

  • les premières ivresses surviennent vers l'âge de 15 ans ;

  • le taux d'ivresse « répétée » (au moins 3 fois dans l'année) était en hausse entre 2008 et 2011 passant de 25,6 % à 27,8 % ;

  • le taux d'ivresse « régulière » (au moins 10 par an) est passé de 8,6 à 10,5 % entre 2008 et 2011 ;

  • 53,2 % des jeunes interrogés disent avoir bu au moins une fois plus de 5 verres au cours d'une même soirée ;

  • l'alcoolisation ponctuelle importante est plus souvent le fait des garçons que des filles : 59,7 % chez les garçons contre 46,5 % chez les filles.

Aborder l'alcool en famille

Aborder la question de la consommation d'alcool avec ses enfants adolescents ou jeunes adultes est primordial. Les parents doivent dans la mesure du possible, essayer d'engager le dialogue et de les informer sur les risques encourus en cas de consommation excessive. En effet, ces derniers sont nombreux et potentiellement très dangereux.


Les risques de faire un coma éthylique, d'avoir des rapports sexuels non désirés, d'être victime de comportements à risque (mise en danger), d'avoir une pancréatite, de baisser sa vigilance, de développer un comportement violent, d'avoir un accident de la route sont multipliés en cas de consommation excessive d'alcool.

Le rôle des parents

En matière de consommation d'alcool, les parents sont la première source d'influence de l'enfant. Au moment de l'adolescence, c'est généralement le groupe d'amis et les connaissances qui deviennent prescripteurs mais les parents ne doivent en aucun cas négliger leur rôle ou craindre de poser des barrières.

De manière générale, il est déconseillé d'adopter une attitude laxiste, démissionnaire ou coercitive. Il faut trouver un juste milieu et essayer d'engager le dialogue avec l'adolescent. Cela peut-être difficile en raison de la situation de conflit dans laquelle se trouvent souvent les parents et l'adolescent durant cette période. Les adolescents même s'ils ne se l'avouent que rarement, ont besoin que leurs parents soient attentifs à leurs actes.

Quelques conseils pour favoriser le dialogue

Parler de la consommation d'alcool chez les jeunes avec un adolescent n'est pas toujours aisé. Cependant, garder les quelques conseils suivants en mémoire peut vous aider à mieux aborder cette situation :

  • Parler au bon moment : ne parler pas trop tôt des abus de l'alcool à votre enfant. Vous pouvez l'évoquer une première fois au moment de la préadolescence pour une première phase de sensibilisation, puis à nouveau au moment de l'adolescence ;

  • Fixer des règles ensemble : établissez les limites à ne pas dépasser avec votre adolescent ainsi que les sanctions qui s'appliqueront en cas de non-respect des consignes. Cela vous permettra par la même occasion de discuter avec votre enfant et d'avoir son point de vue ;

  • Valoriser les comportements positifs : si vous constatez que votre enfant respecte les règles établies et qu'il fait des efforts pour éviter les conduites à risques, il est important de lui faire comprendre que vous êtes sensible à ses efforts ;

  • Informez vos enfants : il existe de nombreuses campagnes de communication dont l'objectif est de prévenir l'alcool chez les jeunes, mais aussi des études et des analyses statistiques. Il peut être intéressant de choisir des moments privilégiés pour engager le dialogue et sensibiliser les adolescents aux dangers de l'alcool. Encouragez votre adolescent à exposer son point de vue lors de ces occasions ;

  • Faire confiance (ou en tout cas essayer !) : en tant que parent, il est parfois difficile de faire entièrement confiance à un adolescent. Pourtant, un minimum de confiance est essentiel afin de favoriser le dialogue et ne pas encourager son enfant à vouloir entrer en confrontation ;

  • Montrer l'exemple : cela peut paraître anecdotique mais il est important de montrer l'exemple ! En effet, les parents doivent démontrer de manière concrète que leur conduite est cohérente par rapport à leur discours.

Par exemple, adoptez une consommation d'alcool raisonnée au quotidien et ne prenez pas le volant si vous avez consommé trop d'alcool. Une telle attitude permettra d'apporter de la crédibilité à vos propos.


Lorsque l'on se retrouve dans une impasse, rien n'empêche de se tourner vers un tiers qui sera peut-être plus à même de parler avec un jeune adulte ou un adolescent. Il peut s'agir d'un proche avec qui l'adolescent entretient une bonne relation, d'un médecin ou d'une association spécialisée.

Identifier les comportements à risques

Sans tomber dans l'excès, il est primordial de surveiller le comportement de votre adolescent par rapport à l'alcool, notamment s'il sort régulièrement.

Certains comportements sont parfois révélateurs et doivent alerter les parents :

  • des bouteilles vides trouvées dans la chambre ;
  • l'adolescent revient souvent passablement alcoolisé de ses soirées ;
  • des changements d'humeur inexpliqués ;
  • des retards ou des absences fréquentes ;
  • une négligence inhabituelle dans sa manière de se vêtir ;
  • des fatigues inhabituelles ;
  • une baisse significative des résultats scolaires ;

Ces signaux d'alarme sont donnés à titre d'exemples et sont relativement génériques. La connaissance de votre enfant et la relation que vous entretenez avec lui, sont primordiales et permettent d'analyser la situation.