La consommation de tabac en France : quelques chiffres
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La consommation de tabac en France : quelques chiffres

Le mois sans tabac vient de débuter, pour la deuxième année consécutive, et aura pour but la lutte contre le tabagisme. Des campagnes de prévention et d’accompagnement seront mises en place afin d’impacter les chiffres, toujours très hauts, de la consommation de tabac en France. En 2015, 70 % des fumeurs réguliers ont déclaré avoir déjà essayé d’arrêter.

Les consommateurs de tabac en France sont encore très nombreux

Plus d'un tiers de la population française fume

Huit Français sur dix ont déjà essayé de fumer une cigarette, et un peu plus d'un tiers des 15-75 ans fument occasionnellement ou régulièrement. De plus, sans grande surprise, comme on peut le voir dans le graphique ci-dessus, les hommes fument plus que les femmes : respectivement 38,9% contre 30,5%.

Au niveau des tranches d'âge, les 25-34 ans sont les plus gros fumeurs. Néanmoins, depuis 2005, la consommation de tabac chez les jeunes est en baisse, alors qu'à l'inverse, elle a augmenté chez les plus de 45 ans.

Autre fait important : la consommation de tabac chez les femmes de 55-75 ans est en hausse. Cela s'explique par un effet de génération : les générations de femmes qui ont plus fumé ont aujourd'hui entre 55 et 75 ans, et une partie d'entres elles n'a pas arrêté de fumer.

Selon l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé), les gros fumeurs, qui fument en moyenne 15 cigarettes par jour, sont moins nombreux. Pour rappel, en 2013, 73 000 personnes sont décédées des suites du tabagisme selon l'INVS (Institut de Veille Sanitaire).

En ce qui concerne la cigarette électronique, sur les 16 millions de fumeurs, 83% fument quotidiennement. S'ajoutent donc à cela 3,3% de « vapoteurs ».

Les inégalités sociales au coeur du tabagisme

C'est un constat indéniable que l'on peut observer sur ce graphique : le fossé se creuse en termes de dépendances et d'inégalités sociales. « L'accroissement des inégalités sociales en matière de tabagisme depuis le début des années 2000 se poursuit, écrit ainsi Santé Publique France. La prévalence de la consommation de tabac augmente parmi les plus défavorisés, mais elle diminue parmi les personnes ayant des hauts niveaux de diplôme et de revenus ».

Autre constat : la proéminence du tabagisme quotidien a augmenté de 34% à 38,9% parmi les personnes n'ayant pas le baccalauréat alors qu'elle a diminué de 23% à 21,1% parmi les personnes ayant un diplôme supérieur au baccalauréat. Cette prévalence a également augmenté (35,2 % à 37,5 %) parmi les personnes dont les revenus correspondaient à la tranche la plus basse. Dans le même temps, elle a diminué (23,5 % à 20,9 %) parmi les personnes dont les revenus correspondaient à la tranche la plus haute.
En clair, les plus riches diminuent le tabac, tandis que les plus pauvres fument davantage.

De nombreux éléments peuvent expliquer cela. Les chercheurs évoquent notamment « l'utilisation de la cigarette pour gérer le stress, la difficulté à se projeter dans l'avenir, mais aussi la méfiance à l'égard des messages de prévention, le déni du risque, une dépendance nicotinique plus importante, voire une norme sociale en faveur du tabagisme ».

Hausse du prix et baisse des ventes

Le prix tabac a connu de nombreuses hausses successives dans les années 90. Au cours de ces dix dernières années, le paquet de cigarettes a augmenté de 40%, ayant pour effet de faire baisser la vente de cigarettes.

La diminution des ventes est principalement marquée dans les années 2000, grâce à plusieurs actions : les mentions « fumer tue » apparaissent en 2001 ;  puis en 2003, Chirac met en place le « plan cancer » et enfin, en 2004, le prix moyen d'un paquet a augmenté d'un euro.

Néanmoins, avec l'augmentation du prix du paquet, de plus en plus de fumeurs se sont tournés vers le tabac à rouler ou les cigarettes électroniques. En 2014, le tabac à rouler représentait 15% du marché du tabac. De plus, 27% des ventes se feraient désormais hors du circuit classique (buraliste), en contrebande et achats à l'étranger (notamment pour les frontaliers de la Belgique et de l'Italie).