Internet et le Big data : la fin du capitalisme ?
un service de meilleurtaux.com

Internet et le Big data : la fin du capitalisme ?

internet des objets et big data

En novembre, l'essayiste Jerémy Rifkin a exposé lors d'une conférence sa vision future des effets d'internet sur le capitalisme, évoquant une troisième révolution industrielle ; vision que Jacques Attali, entre autres, trouve exagérée. Pour lui, internet "invente autrement le capitalisme".

C'était le 25 novembre, le thème de la conférence organisée par l'institut G9+ était : "internet va-t-il tuer le capitalisme ?". Jérémy Rifkin, alors en visio-conférence, prédit l'avènement de cette troisième révolution, due au développement exponentiel de l'Internet des Objets, qui, combiné aux nouvelles formes d'énergie, de logistique et de transport, mettra fin au capitalisme. Nous passerions donc selon lui d'une économie de marché à une économie de mutualisation et de partage.

Face à ce discours, que Jacques Attali, économiste et écrivain, Jean-Marc Daniel, professeur à l'Ecole Supérieure de Commerce de Paris, et Clara Gaymard, présidente de General Electric France, qualifient de scénario de science-fiction. Ils voient plutôt en Internet un vecteur de croissance pour les entreprises, qu'il soit positif ou négatif. Ils pensent quant à eux que le système s'adaptera et profitera des nouvelles opportunités offertes par l'Internet des Objets.

Clara Gaymard déclare à ce sujet : "Aujourd'hui, la valeur ajoutée ne dépend pas seulement de la production mais de plus en plus des informations et de l'intelligence qu'il y a autour. On est passé à une économie de partage des connaissances". Le Big data se développant, ceux "qui contrôleront les données et sauront les utiliser détiendront la valeur ajoutée". On pense bien sûr aux Gafa, les quatre géants du web : Google, Apple, Facebook, et Amazon.

Jean-Marc Daniel considère Internet et le Big data comme des portes ouvertes à la concurrence. Encore faudrait-il briser le monopole de Google, pour permettre le développement de ce qu'il appelle une "concurrence saine" indispensable au bon déroulement du système capitaliste. Il imagine également de nombreuses opportunités dans le domaine de la santé, créant une concurrence accrue : "avec le développement Internet combiné à celui de l'automatisation, l'on pourra opérer de New York quelqu'un situé à Paris."

 

Jacques Attali est beaucoup plus pessimiste, voyant dans l'Internet des Objets une "tentative de prise de contrôle de nos vies". "Les maîtres de demain seront les agrégateurs de données et les compagnies d'assurance. Nous offrons nos données gratuitement, en échange on accède à Google. On donne à ceux qui vont agréger nos propres données pour nous les revendre sous forme de prime d'assurance."

Il ajoute : "On va nous amener à nous surveiller nous-mêmes, notamment dans la santé. Avec les capteurs associés à nos données, on nous dira si l'on adopte les bons comportements pour perdre du poids, etc."

Avec l'avènement du "quantified self", on s'aperçoit que c'est déjà le cas.... C'est peut-être ce qui effraie Mr Attali : avec Internet, les objets connectés et le Big data, tout s'accélère et nous dépassera très vite... Il a conclu son discours en qualifiant le contrôle sur le Big data de nouvelle "forme de dictature".

Et vous... qu'en pensez-vous ?