Du moteur jusqu’aux poignets de porte, la production d’un véhicule repose sur toute une chaine. Aussi infimes soient-elles, les puces électroniques sont indispensables. Pourtant, les fournisseurs de semi-conducteurs peinent à suivre les commandes. Une telle situation a provoqué une pénurie mondiale dont les effets sont conséquents chez les constructeurs automobiles.

Conductible électrique, le semi-conducteur relie les métaux aux isolants. Ce composant est essentiel à la construction automobile. En effet, on en trouve dans les circuits intégrés, les transistors et les diodes. Et depuis l'avènement des moteurs électriques et des systèmes d'aide à la conduite, les demandes en puces ont décuplé.

À l'heure qu'il est, les constructeurs automobiles subissent les conséquences d'une pénurie à l'échelle mondiale. En France, IHS Markit prévoit un manque de production s'élevant à 670?000 voitures particulières. Étant donné que la crise de l'industrie automobile ne risque pas de se dénouer de sitôt, l'assurance auto est fortement conseillée. Les conditions actuelles sont favorables à des garanties personnalisées.


Pourquoi les puces électroniques sont-elles introuvables??

Pour pouvoir construire des voitures, des téléphones mobiles et divers produits électroniques, les fabricants font appel aux fournisseurs. Dans le cas des semi-conducteurs, les producteurs s'approvisionnent en circuits intégrés. Parmi les références du secteur, TSMC est une entreprise taïwanaise. À elle seule, elle fournit 70 % du marché mondial des circuits intégrés de petite taille (MCU). Cependant, les commandes des constructeurs de voitures ne représentent que 3 % de son chiffre d'affaires. Aussi, dès que des offres plus intéressantes se présentent, l'entreprise délaisse les besoins de la filière automobile.

Conscients de cette situation, les gouvernements japonais, allemand et américain ont tenté d'intervenir auprès des autorités taïwanaises. Mais aucune réaffectation de la production n'a été constatée.

Pour mieux comprendre l'origine de la crise, il faut rappeler que les constructeurs automobiles collaborent avec des équipementiers. C'est le cas de Continental et de Bosch, les seuls à être en contact direct avec les producteurs de puces électroniques. Le montage du système de freinage se fait donc à partir de modules prêts à l'emploi fournis par eux. Les approvisionnements ayant été stoppés, les constructeurs sont entrés en conflit avec les équipementiers.

Les constructeurs automobiles face à la crise des puces électroniques

Par manque de semi-conducteurs, Ford a été le premier à annoncer un arrêt de la chaine de production du F-150. Pendant une semaine, le pick-up ne sera plus produit dans les usines de Deaborn (Détroit) et de Kansas City. Cette situation va engendrer une perte de 1 à 2,5 milliards de dollars, rien qu'au premier semestre 2021. John Lawler, le directeur financier de Ford confie :

La situation est extrêmement fluctuante. À l'instant T, les informations venant de nos fournisseurs suggèrent une perte de production de 10 % à 20 % au premier trimestre.

Chez les Français, Renault a récemment fait part d'un arrêt imminent des activités à Sandoville, Tanger (Maroc) et Pitesti (Roumanie). Une décision rejointe par PSA dont la fermeture de l'usine Opel d'Eisenach est due au problème d'approvisionnement en semi-conducteurs. Le scénario est également observé à Saragosse et à Poissy.

Volkswagen paie le prix fort avec 100?000 voitures non produites au premier trimestre 2021. Pour Audi, 10?000 employés ont dû arrêter de travailler. De leurs côtés, les géants comme Toyota, Honda ou General Motors ont réduit leur plan de charge.

Selon les prévisions de l'agence Bloomberg, cette pénurie va générer une perte totale de plus de 60 milliards de dollars.