L’aide à la conduite soulève de nombreuses questions chez les professionnels de l’assurance

Freinage automatique d’urgence, détecteur de somnolence, régulateur de vitesse automatique, maintien de la voie, les véhicules actuels, et ceux à venir, sont équipés de différentes technologies qui accompagnent les conducteurs. Leur objectif étant en premier lieu d’améliorer la sécurité sur la route tant pour l’automobiliste que pour les autres usagers.

Mais si les conducteurs et les autorités s’en réjouissent, des inquiétudes commencent à apparaître chez les professionnels de l’assurance. Comment assurer ces véhicules ? Quelles seront les conséquences de leur développement sur le marché ?

Bien que des recherches et des analyses tentent de répondre à ces questions, les professionnels concernés ne peuvent, pour l’heure, prendre des décisions les concernant.


Des couvertures spécifiques pour les véhicules équipés d’ADAS ?

Au niveau des constructeurs automobiles, les avancées en matière de technologies d’aide à la conduite sont notables. Les professionnels de l’assurance ne parviennent cependant pas à suivre l’évolution. L’adaptation des contrats d’assurance devient dès lors leur principale préoccupation. Ils sont toutefois unanimes sur un point : dans les années à venir, les garanties seront fonction des technologies utilisées par les conducteurs.

Néanmoins, à l’heure actuelle, il leur est difficile de déterminer de manière exacte l’évolution des garanties offertes aux automobilistes.

Pour établir des constats plus fiables, ils ont en effet besoin d’avoir les données qui relatent les caractéristiques et les potentiels des véhicules équipés de systèmes avancés d’aide à la conduite.

Dans le même temps, les différences entre les performances et les utilisations de ces ADAS (Advanced Driver Assistance Systems) ne leur permettent pas de confirmer les capacités réelles des véhicules et d’aboutir à d’éventuelles offres spécifiques qui leur sont destinées.

En effet, entre les modèles proposés par chaque constructeur, il existe une différence, parfois majeure, concernant le niveau de sécurité offert. Une situation qui se remarque également entre les modèles d’un même constructeur. Par ailleurs, les technologies d’aide à la conduite sont souvent proposées en option au moment de la vente, permettant aux clients de faire librement leur choix.


Dans un tel contexte, il est donc difficile de définir un socle commun qui permet de réunir tous les véhicules équipés de ces dispositifs et de présenter une offre pour cet ensemble.

Une baisse éventuelle des primes

Hormis les problématiques liées à la nature de l’offre et des garanties y afférentes, le prix de l’assurance auto pour les véhicules équipés d’ADAS soulève également des questions ainsi que de nombreuses incertitudes et hypothèses. Ainsi, certains professionnels prévoient la baisse des revenus générés par l’assurance automobile, qui s’explique par la diminution des accidents.

Le réassureur suisse Swiss Re estime ainsi que la diminution des primes sera de 20 milliards de dollars pour les véhicules dotés de technologies d’aide à la conduite.

En effet, celles-ci pourraient faire baisser de 25 % la fréquence des accidents
. Rien qu’aux États-Unis, le marché de l’assurance automobile génère encore aujourd’hui plus de 244 milliards de dollars. Mais une réduction des liquidités est à prévoir dans les années à venir en raison de cette baisse des primes.

Néanmoins, si les accidents peuvent être moins fréquents, le coût des réparations pourrait augmenter de façon considérable lorsqu’ils surviennent. En effet, sur les véhicules équipés de systèmes d’aide à la conduite, les réparations seront importantes, même pour une légère collision.


Et pour cause, les caméras et les capteurs qui assurent la conduite autonome s’installent généralement au niveau du pare-chocs ou du pare-brise. S’ils sont endommagés, le prix de la réparation peut être le double de celui que les automobilistes paient actuellement pour les modèles privés de ces systèmes.

Un marché qui continue de se développer

Mais tout ceci reste des suppositions. Pour les soutenir, les professionnels de l’assurance doivent obtenir les données sur ces technologies, que les constructeurs refusent de partager pour des raisons de concurrence et de propriété. Néanmoins, certains proposent leur soutien afin de faire avancer la situation.

General Motors a par exemple mis en place une organisation qui lui permet de travailler avec les professionnels de l'assurance, et notamment de leur communiquer des données pertinentes. Le leader de la réassurance Swiss Re étudie également un mécanisme qui faciliterait le partage des données avec les constructeurs automobiles.

Mais en attendant que la communication entre ces professionnels s’améliore, les constructeurs automobiles continuent de faire évoluer leurs technologies. Aux États-Unis, ils se focalisent actuellement sur l’avertisseur de collision et le système de freinage automatique. D’ici 2020, ces technologies devraient être disponibles sur une partie des modèles mis en vente.

Ces dispositifs sont notamment conçus pour réduire les risques de collision. Selon une recherche effectuée par l’Institut d’assurance pour la sécurité sociale, ils devraient diminuer de 56 % les collisions à l’avant et à l’arrière. Outre le freinage automatique, d’autres solutions font par ailleurs leur apparition sur le marché.

Le développement de ces technologies est en partie motivé par le coût moins élevé engagé chez les constructeurs, de l’ordre de 500 à 1 000 dollars par véhicule. Le marché est ainsi estimé à 67 milliards de dollars d’ici 2025, soit une hausse de 10 % chaque année.