Le 14 février dernier, en Allemagne, le Bundesrat a discuté de nombreuses propositions de loi qui pourraient être intégrées au Code de la route. Parmi celles-ci figure la limitation de la vitesse maximale autorisée sur les autoroutes à 130 kilomètres par heure. L’idée consiste à réduire les émissions de gaz polluants rejetés dans l’atmosphère.

L'instauration d'une limitation de vitesse sur les réseaux routiers peut contribuer à la réduction de la quantité de dioxyde de carbone rejetée par les voitures. C'est ce que démontre de nombreuses études réalisées en Allemagne. L'une d'entre elles a été effectuée par l'association des automobilistes allemands (ADAC).

Seulement, le Bundesrat, qui est l'organe législatif allemand formant le Conseil fédéral, a désapprouvé cette mesure. Or, les professionnels de l'assurance auto auraient pu se réjouir de la limitation. Il n'empêche que les parlementaires continuent de subir la pression exercée par leurs homologues non adeptes de la vitesse libre. Comme le débat se poursuit, le sujet peut être remis à tout moment à l'ordre du jour.

Une mesure à la fois sécuritaire et écologique

La limitation de la vitesse de circulation en Allemagne se retrouve au cœur des discussions entre les parlementaires. Outre les questions de sécurité, les arguments écologiques en constituent la cause. En effet, il est plus que jamais nécessaire de réduire les émissions de CO2 dans le pays étant donné qu'il vient d'ouvrir une imposante centrale à charbon.


Une étude qui date de 2018 confirme que l'hypothèse selon laquelle l'imposition d'une limitation de vitesse permet de diminuer les émissions de dioxyde de carbone. Il serait question d'une réduction de 2 à 3 millions de tonnes par an.

Selon certains experts, la mesure impactera aussi les ventes de grosses cylindrées, qui sont les plus polluantes. Selon les chiffres officiels, la quantité de CO2 rejetée chaque année sur les routes allemandes s'établit à 168 millions de tonnes.

Des avis mitigés sur la question de la limitation de vitesse

Certains observateurs pensent que la limitation de vitesse n'impactera pas forcément les immatriculations des plus puissantes et prestigieuses voitures allemandes. Ils évoquent d'ailleurs le cas de la Suisse pour justifier leur argument. Les véhicules premium s'y écoulent facilement même si les mesures réglementaires à leur encontre pullulent. Les conducteurs encourent notamment de lourdes sanctions pécuniaires et subissent une limitation de la vitesse à 120 kilomètres par heure.

D'autre part, l'ADAC n'a plus d'avis tranché sur la question de la limitation de vitesse. Or, pendant longtemps, elle a défendu l'idée de la vitesse libre. Quoi qu'il en soit, le ministre des Transports allemand affirme que les panneaux d'affichage numériques contribueront au respect des normes. Le seuil pourrait varier en fonction du niveau de congestion des routes et des conditions météorologiques.