Malgré un effondrement de l’accidentologie routière durant le confinement et donc des économies substantielles dont ont pu bénéficier les prestataires en assurance auto, les analystes prévoient une stagnation, voire une hausse continue des primes pour l’année prochaine. Mais tout dépend des effets de la crise sanitaire sur le pouvoir d’achat des ménages et sur les activités des acteurs du secteur.

Une hausse probable de +1,5 % à +2 %

Trois groupes mutualistes, dont la Maif et la Matmut, ont déjà pris la décision de ne pas appliquer une hausse de leurs tarifs d'assurance auto en 2021. Ils espèrent que leur engagement solidaire envers les assurés va convaincre les autres professionnels du secteur à leur emboîter le pas.

Pascal Demurger, le directeur général de la Maif, explique que

Les compagnies d'assurance se doivent de défendre le pouvoir d'achat de leurs adhérents en cette période de crise.

À l'heure actuelle, les assureurs sont pointés du doigt. Notamment à cause des énormes profits engrangés durant le confinement étant donné que la sinistralité automobile a dégringolé. Mais cet argument est réfuté par la plupart des acteurs qui pensent qu'il est encore trop tôt pour faire un bilan de tous les impacts de la crise. Leur marge de manœuvre étant restreinte, ils se retrouvent dans l'obligation de modérer leurs tarifs.


Selon les experts, une augmentation modérée des primes d'assurance (comprise entre +1,5 % et +2 %) est à prévoir.

Toutefois, la situation pourrait changer si les assureurs décidaient de compenser les surcoûts liés à la pandémie comme le recul des taux d'intérêt et la hausse des coûts de réparation de véhicules.

Des marges presque inexistantes depuis de nombreuses années

La hausse des primes d'assurance pourrait être inévitable pour certains assureurs. Selon les explications de Guillaume Rosolek, associé du cabinet Addactis France,

Les marges des acteurs du secteur sont très faibles. Pour se démarquer de la concurrence qui est rude, ceux-ci doivent adopter un mode tarifaire agressif même s'ils sont confrontés à la flambée des prix de réparation due aux nombreuses technologies qui équipent les modèles de voiture actuels.

Autre souci : les compagnies d'assurance doivent également prendre en compte le repli des taux d'intérêt qui les oblige à épargner à long terme en prévision des indemnisations des victimes d'accidents graves.

Guillaume Rosolek souligne que

Les assureurs qui ne vont pas revoir à la hausse leurs tarifs l'an prochain sont contraints de renoncer à une part de leur résultat.