Pour les professionnels de l’assurance, l’utilisation de pièces de réemploi peut aider à la conduite d’une politique plus verte. Par ailleurs, un tel procédé peut leur permettre de réduire les frais des remises en état de voitures. Surtout dans un contexte où les pièces neuves coûtent de plus en plus cher.

Pour les assureurs auto, le recours aux pièces recyclées lors d'une restauration des véhicules accidentés présente certains avantages. Cette approche leur permet notamment d'agir plus écologiquement et favoriser l'emploi des secteurs locaux. D'ailleurs, parmi les objectifs de société à mission de La MAIF figure désormais le développement du recyclage. D'ici décembre 2022, l'entreprise espère atteindre les 10 % de réparations de voitures effectuées avec des pièces déjà utilisées.

Pour les compagnies d'assurances désireuses de suivre cette politique, plusieurs difficultés restent à résoudre. Elles doivent notamment surmonter les éventuelles hésitations des consommateurs. Ces derniers peuvent en effet préférer que leur automobile soit remise en état avec des pièces sorties d'usine.


Une plus grande maîtrise des coûts de réparation

Bertrand Delignon affirme toutefois que les assurés disposés à se tourner vers les pièces d'occasion augmentent en nombre. Le responsable de l'assurance IARD au sein de la MACIF ajoute :

Il y a surtout une question de disponibilité des pièces.

Pour développer le domaine de la seconde main, il insiste sur la nécessité de politiques encourageantes. Le professionnel a ainsi évoqué l'allègement de la TVA. Pour sa part, Bruno Lacoste-Badie du groupe Covéa estime :

Il faut inciter les recycleurs à se doter de plateformes communes de mises à disposition des pièces auprès des distributeurs pour créer des parcours très simples pour les réparateurs.

Entre-temps, Sécurité et Réparation Automobiles (SRA) révèle qu'au fil des années, le recours aux pièces d'occasion progresse constamment. Une bonne nouvelle pour les assureurs, qui pensent que la réutilisation allège les frais de raccommodage de véhicule. Ce qui, pour les clients, pourrait leur permettre de profiter d'une meilleure assurance auto, selon leurs capacités.

Augmentation continue des prix des pièces neuves

De manière récurrente, la filière prévient que le prix des pièces de remplacement augmente sans cesse. Un phénomène engendré par le monopole exercé par les fabricants auto sur une fraction de ces éléments. Favorablement aux acteurs de l'assurance, la loi Climat affaiblit cette exclusivité. Cependant, l'impact de ce texte sur les coûts demeurera moindre, jugent ces professionnels. Au regard de cette situation, le réemploi devrait persister à constituer un levier non négligeable.

Dans ce contexte, Direct Assurance incite ses assurés à accepter les pièces recyclées en cas d'accidents. Dans les détails, cet appel s'adresse aux propriétaires de véhicules de 5 ans et plus. Depuis quatre ans, les réparateurs auto sont en effet contraints de suggérer à leurs consommateurs des pièces réutilisées. Et ce, sous réserve toutefois de respect des normes de sécurité, mais aussi des standards techniques.

Néanmoins, en réalité, l'usage de pièces de réemploi demeure très rare. Selon la SRA, celles-ci représentaient seulement 3 % du volume total payé l'an dernier par les assureurs.