Les voitures électriques sont considérées, souvent à tort, comme une solution de mobilité zéro émission. Mis à part les échappements, ces véhicules, à l’instar des modèles thermiques, présentent pourtant d’autres sources de rejets de particules polluantes. L’OCDE pointe ainsi du doigt la chaussée, les systèmes de freinage, les pneus et la remise en suspension des poussières.

Hausse des rejets de particules fines hors échappement

L'organisation anticipe une forte progression de cette forme de pollution parallèlement à la croissance du parc automobile.

Dans un rapport récemment rendu public, elle explique qu'au cours des prochaines années, la quasi-totalité des émissions automobiles de particules proviendra principalement des rejets hors échappement. Les estimations tablent sur une hausse de +53,5 % des rejets de particules fines hors échappement pour atteindre 1,3 million de tonnes en 2030, contre 0,85 million actuellement.

L'étude révèle par ailleurs que les véhicules électriques émettent bel et bien des particules fines polluantes à travers l'usure de ses freins, le frottement de ses pneus, la chaussée et la remise en suspension des matières en surface.


Sur ces points-là ainsi qu'en fonction du poids et de la taille du véhicule, la pollution générée par une auto électrique s'avère même plus importante que celle produite par son équivalent thermique. À titre d'exemple, les voitures électriques à grande autonomie émettent 3 % à 8 % de particules de dimensions inférieures ou égales à 2,5 microns de plus.

Quelques préconisations

Face à ces constats, l'OCDE attire l'attention des autorités en ce qui concerne les rejets de particules hors échappement des véhicules. L'organisme alerte sur cette pollution que beaucoup ont tendance à sous-estimer.

L'organisme appelle les autorités à mettre en place une politique publique pour lutter contre cette forme de pollution.

Elle recommande dans un premier temps la normalisation des mesures de ces émissions polluantes hors échappement. Elle préconise en outre des opérations de sensibilisation pour inciter les individus à adopter des solutions de mobilité alternatives à la voiture individuelle (vélo, transport en commun, marche…), ainsi que la mise en place de nouvelles taxes ou redevances à calculer sur la base des distances parcourues pour limiter les usages.

Etant donné l'impact du poids des véhicules sur leurs émissions de particules, le document propose également un renforcement des contrôles en la matière.

L'OCDE félicite d'ailleurs la France qui a déjà pris de l'avance sur le sujet. En effet, à partir de janvier 2022, un système de bonus/malus au poids viendra s'ajouter au mode de calcul de la prime d'assurance auto.