Avec l’urgence climatique, les autorités ont revu leurs exigences à la hausse afin d’inciter les constructeurs à migrer au plus vite vers les « voitures propres ». Le message semble avoir été parfaitement reçu, au vu de la réactivité dont a fait preuve l’industrie automobile, notamment en accélérant la production de voitures électriques.

Risque de surproduction

Il ne faut jamais confondre vitesse et précipitation. Pour le passage aux véhicules à zéro émission, les constructeurs pourraient avoir commis une erreur de timing.

Aujourd'hui, la promptitude dont ils ont fait preuve peut se révéler problématique et entrainer une surproduction de voitures électriques. Du moins, le volume de véhicules construits risque de dépasser largement le niveau pouvant être absorbé par le marché.

Et selon les observateurs, au rythme auquel va la production de voitures électriques, à l'horizon 2030, les vendeurs de voitures pourraient se retrouver avec un stock de 40 millions d'unités invendues.

Une crise de surproduction se profile donc si les constructeurs continuent sur leur lancée. À l'heure actuelle, l'industrie automobile axée sur la production de véhicule électrique représente plus de 200 milliards d'euros d'investissement.


La Commission Européenne a sa part de responsabilité dans cette frénésie. Par le passé, l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) a déjà émis une mise en garde concernant la nature trop stricte des normes imposées par la CE. Celles-ci étaient en effet de nature à contraindre les constructeurs d'opérer un virage à 90 degrés et de concentrer l'essentiel de leurs moyens dans l'électrification du parc automobile.

Une situation critique et des dommages collatéraux

« Abondance de biens ne nuit pas », dit le dicton. Sauf que dans ce cas-ci, une production excessive de voitures électriques peut être catastrophique pour l'industrie automobile, mais pas seulement.

Les premières victimes collatérales seront les garagistes puisque les voitures électriques sont, en principe, plus faciles et moins chères à entretenir (et à réparer) que leurs homologues thermiques.

Les fabricants et vendeurs de pièces détachés risquent également de sortir perdants sachant que le volume de pièces de rechange vendues pourrait chuter de -60 %.

Mais la conjoncture ne fait pas que des malheureux. Avec les voitures qui tombent moins souvent en panne, les compagnies d'assurance dégageront une meilleure rentabilité dans ce secteur. Du côté des automobilistes roulant à l'électrique, recourir à un comparatif assurance auto avant de choisir l'assureur le mieux adapté à ses besoins se révèle alors plus pertinent que jamais.