Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a prévu de présenter le plan de relance de la filière automobile dans les 15 jours suivant son intervention sur Franceinfo, le 18 mai dernier. La révision à la hausse des primes pour l’achat de voitures électriques fait notamment partie des mesures phares de ce programme. Explications.

La filière automobile a subi un ralentissement significatif depuis le début de la crise sanitaire et surtout durant le confinement. Tous les acteurs du secteur ont été touchés en France. La baisse de la demande s’est même répercutée jusque dans le domaine de l’assurance auto. Il était donc urgent de mettre en place un plan de relance.

Le 29 avril 2020, Bruno Le Maire a affirmé que ce programme ne serait pas déployé avant septembre prochain. Finalement, il sera mis en œuvre bien avant la date prévue au départ, selon une déclaration du ministre de l’Économie le 18 mai dernier.

Un programme qui suscite la polémique

Un plan de relance qui priorise les modèles électrifiés est inadapté aux enjeux réels dans le secteur, selon les professionnels. Les concessionnaires sont surtout préoccupés par les 10 milliards d’euros de voitures thermiques encombrant leurs stocks après le confinement, selon le CNPA. En effet, ce volume conséquent affecte considérablement leur trésorerie.


Les différentes mesures proposées par Bercy seront examinées par les parlementaires en juin prochain dans le cadre d’un projet de loi de finances rectificative. S’ils sont entérinés, ces textes seront appliqués à partir du mois de juillet 2020.

Toujours est-il que les aides à l’achat que l’exécutif prévoit d’octroyer risquent de ne pas avoir les effets escomptés en raison de la restriction de la définition de voiture verte. Ainsi, le plan de relance pourrait même accentuer les déficits selon les spécialistes.

Pourtant, il suffisait de soutenir le renouvellement du parc automobile français vieillissant pour obtenir rapidement des résultats tangibles en matière de réduction d’émissions et de reprise de la consommation. Par exemple, les pouvoirs publics auraient pu encourager le remplacement des véhicules Euro 3 ou 4 par des voitures d’occasion Euro 5 ou 6.

Quel montant les acquéreurs de modèles propres peuvent-ils espérer obtenir ?

Sans surprise, le plan de relance de la filière automobile proposé par Bercy s’articule autour de la transition écologique et de la promotion des voitures propres. Bruno Le Maire a d’ailleurs donné un aperçu de ce projet sur Franceinfo.

Comme l’a expliqué le ministre de l’Économie :

Cela veut dire soutien à l'achat de véhicules propres. Il faut que l'on fasse de cette crise un levier pour accélérer la transition écologique et pour encourager les Français à acheter des véhicules qui sont encore aujourd'hui trop chers pour eux.

D’après le site spécialisé JournalAuto, le plan de relance prévoit notamment un retour à 6 000 euros du bonus à l’achat de voitures électriques pour les entreprises. Cette prime est fixée à 3 000 euros pour l’instant.

Le montant de l’aide augmentera également à 8 000 euros pour les clients particuliers. Il était de 6 000 euros avant la crise du Covid-19. Pour leur part, les hybrides rechargeables permettront d’être éligible à une prime de 2 000 euros. Auparavant, ce type de véhicule ne donnait accès à aucun financement venant de l’État.