Au cours du premier semestre 2020, les activités de maintenance et réparation dans le secteur automobile ont reculé. C’est que révèle le CNPA (Conseil national des professions de l'automobile). L’organisation patronale s’inquiète du fait que l’après-vente automobile peine à se relancer en France, contrairement aux ventes de véhicules neufs. Elle espère ainsi des mesures de la part du gouvernement.

Le dernier baromètre du CNPA sur l'entretien et la réparation de voitures dans l'Hexagone indique la fragilité de la relance des activités dans l'après-vente automobile. Le rôle de ce secteur est pourtant capital dans le cadre de la diminution des émissions polluantes des véhicules, comme l'indique Philippe Debouzy. Ce dernier préside la branche agents et indépendants de l'organisation patronale.

En tout cas, pour alléger le budget qu'ils allouent à l'entretien de leur voiture, les automobilistes peuvent souscrire une assurance auto qui intègre une garantie maintenance. Grâce à cette dernière, les réparations effectuées sur leur véhicule seront prises en charge. Il en va de même pour le coût de la main-d'œuvre.


Une reprise vulnérable

Cet été, la plupart des ateliers ont retrouvé leur rythme d'activité d'avant le confinement. Cette tendance doit toutefois être relativisée, car les résultats sont biaisés par l'important nombre de Français qui ont décidé de passer leurs vacances dans leur pays cette année. Pour rejoindre leur destination, certains prendront leur voiture. Ainsi, la reprise des réparations peut être expliquée par la réactivation des échéances des contrôles techniques.

Le CNPA préfère faire preuve de prudence, d'autant plus que plusieurs centaines de milliers de voitures, faisant régulièrement l'objet d'entretien, ont été dernièrement mises au rebut. En cause, la nouvelle prime à la casse qui a rencontré un succès populaire en France. Selon le syndicat, étant donné que les volumes ne seront pas forcément au rendez-vous à la rentrée, une bonne préparation s'impose pour les acteurs du secteur. Il suggère ainsi que le gouvernement créé, dans le cadre de son plan de relance :

[…] un « Chèque Entretien » qui serait à destination des automobilistes qui n'ont pas les moyens de remplacer leur voiture, et permettrait de garantir à la rentrée, outre un objectif social et environnemental, le soutien d'une filière indispensable à la mobilité des ménages français.

Un secteur qui répond à des enjeux écologiques et économiques

Pour réaliser son baromètre, le CNPA a effectué une enquête auprès de 1 144 garages ainsi que 524 carrosseries. Le panel était composé d'agents de marques à 80 %. Les 20 % restants étaient des mécaniciens réparateurs automobiles (MRA). Le sondage a été mené conjointement avec Soleware.

Il montre que l'après-vente automobile a connu une variation globale de -18,3 % jusqu'au 30 juin 2020. Concrètement, au cours du premier semestre, la baisse s'est établie à 18,4 % pour l'activité mécanique, contre 17,7 % du côté de la carrosserie.


Philippe Debouzy déplore ces résultats. Selon lui, les professionnels du secteur de la maintenance-réparation jouent un rôle essentiel dans le déploiement d'une mobilité verte et durable et la mise en place d'une économie circulaire. Ces projets figurent l'un comme l'autre parmi les priorités du plan de relance économique de l'exécutif. Le CNPA a donc déclaré :

[…] Nous escomptons que les mesures qui seront annoncées prochainement par le gouvernement tiendront compte de la réalité économique d'une filière qui concerne un tissu d'entreprises de proximité, représentant un nombre d'emplois considérables implantés dans tous les territoires.