Durant les fêtes de fin d’année, la Sécurité routière a multiplié les campagnes de prévention contre l’alcool sur les routes. Pourtant, la plupart des Français qui ont pensé boire à l’occasion du Nouvel An n’ont pas prévu de mesures spécifiques pour rentrer chez eux. Pire, 34 % d’entre eux ont envisagé des solutions dangereuses.

L'alcool au volant pourrait contribuer au développement du marché de l'assurance voiture sans permis dans l'Hexagone. À l'occasion du Nouvel An, seuls 43,6 % des conducteurs français ont pris des mesures pour pouvoir rentrer chez eux en toute sécurité.

Pourtant, 87 % des adultes ont envisagé de boire durant les fêtes d'après la dernière enquête de Prévention Routière et d'Assurance Prévention.

Pour limiter les risques d'accident, la Sécurité routière a misé sur les messages de sensibilisation. En parallèle, les forces de l'ordre ont multiplié les contrôles sur les routes. À l'étranger, les autorités locales ont également déployé des dispositifs similaires pour lutter contre l'alcool au volant.

Des conducteurs prévoyants

D'après une enquête nationale diffusée par la RTBF, les Belges se montrent particulièrement prudents par rapport au fait de boire ou de conduire. Ainsi, 89 % d'entre eux ont pris des dispositions pour éviter de prendre le volant après avoir bu.


42 % des Bruxellois interrogés comptaient notamment prendre les transports collectifs. Pour leur part, 30 % des sondés ont envisagé d'appeler un taxi pour rentrer chez eux après la soirée. Dans les autres villes, la plupart des habitants ont préféré rester chez eux ou tout simplement éviter l'abus d'alcool.

La solution la plus répandue consiste toutefois à désigner un Bob, pour l'expression néerlandaise « Bewust onbeschonken bestuurder », c'est-à-dire un conducteur conscient et qui n'a pas consommé de l'alcool. Il s'agit de l'équivalent du Sam français et du Raoul luxembourgeois. Cette option est évoquée par plus de la moitié des conducteurs belges interrogés.

Selon la RTBF, les Belges commencent également à opter de plus en plus pour les bières sans alcool. Les amateurs de cette boisson ont même triplé ces trois dernières années. Cela dit, l'alcool au volant reste un problème non négligeable dans le pays. D'ailleurs, des conducteurs alcoolisés sont impliqués dans un accrochage sur trois sur les routes belges.

Confrontées à des conducteurs moins raisonnables, les autorités espagnoles ont décidé de multiplier les éthylotests et les contrôles de drogue sur les routes. Les barrages policiers étaient par ailleurs soutenus par des caméras, des hélicoptères, des drones et des voitures banalisées. L'Irlande a également adopté la même stratégie en renforçant les contrôles.

Promotion des alternatives aux voitures personnelles

Les réseaux routiers aux États-Unis sont particulièrement dangereux de Thanksgiving au Nouvel An. Ainsi, sur cette période de l'année, l'alcool a entraîné le décès de 1 068 usagers de la route en 2018. Les forces de l'ordre ont donc décidé de renforcer les contrôles durant cet intervalle de temps. La police participe également à la prévention en distribuant des éthylotests dans les bars et les boîtes de nuit.


Grâce à ce type de démarche, les conducteurs américains prennent conscience des risques et ont tendance à opter spontanément pour des services comme Uber. Certains États proposent d'ailleurs des dispositifs spécifiques pour encourager la population à privilégier cette solution.

En partenariat avec Lyft, l'État de Washington a notamment mis en place le « Sober Ride », littéralement une course sobre. Avec ce système, les conducteurs locaux peuvent obtenir un code gratuit pour se faire raccompagner chez eux de 22 heures à 4 heures du matin. Cet État a également subventionné Lyft à hauteur de 85 000 dollars pour lancer une campagne incitant les conducteurs alcoolisés à recourir au VTC.

Face aux prix souvent excessifs des VTC, l'Oregon a développé des solutions en collaboration avec plusieurs associations locales. Ainsi, durant les fêtes, les bus ont été gratuits de 17 heures à minuit. Les taxis et Uber ont également offert des réductions jusqu'à dix dollars lors de la soirée du Nouvel An. De cette manière, les consommateurs sont plus enclins à se tourner vers ces services.

Renforcement de la prévention et de la répression

L'alcool représente un véritable fléau pour la santé publique au Portugal, comme l'a indiqué le directeur général du service d'intervention sur les comportements addictifs. Ainsi, en plus des moyens répressifs, les autorités commencent à miser sur les campagnes de prévention positive.


La Police de la sécurité publique (PSP) a notamment créé l'opération 100 % cool en collaboration avec des producteurs d'alcool et un réseau de stations-service. Au cours de cette campagne, les jeunes passant l'éthylotest présentant un niveau d'alcoolémie à 0 % ont été récompensés par un bon d'achat d'essence à hauteur de 10 euros.

Le gouvernement canadien, pour sa part, a opté pour un système original pour sensibiliser les conducteurs sur le sujet. Les autorités locales ont en effet garé un véhicule banalisé près d'un restaurant, avec le message « Il est encore temps de prendre la bonne décision » inscrit sur ses vitres. Ce dispositif vise à interpeller les automobilistes et à les avertir des risques liés à l'alcool au volant.

Outre les voitures, l'Allemagne et le Danemark étendent la répression aux conducteurs de trottinettes électriques sous l'emprise de l'alcool. La police danoise a prévenu les utilisateurs de trottinettes dès le mois de mai 2019. La mesure a été mise en exécution depuis juillet dernier

La police allemande a, quant à elle, verbalisé plus de 400 infractions réalisées avec ce type de véhicule en juin 2019. Récemment, les forces de l'ordre ont même retiré le permis d'un conducteur de trottinette contrôlé avec un niveau d'alcoolémie deux fois supérieur au seuil autorisé.