Depuis plus de 10 ans, la progression des ventes de véhicules neufs n’a pas été particulièrement remarquable en Suisse. Or, les constructeurs présents sur le marché helvétique n’ont pas été impactés par la crise des subprimes. D’ailleurs, un spécialiste local des pronostics économiques annonce des perspectives peu prometteuses pour 2020, concernant notamment les voitures neuves.

Selon les analyses de l’institut de recherche BAK Economics, le cadre réglementaire qui régit le marché de la voiture en Suisse bouleverse le secteur. Or, il devra affronter de nouveaux challenges dans les années à venir.

En effet, les termes qui encadrent le barème concernant la taxe écologique sont amenés à évoluer. Ce contexte influe sur l’écoulement des voitures neuves sur le marché suisse.

Même si certains industriels peuvent reposer leurs espoirs sur les ventes de modèles électrifiés, ils ne constituent que 0,4 % de l’ensemble de la flotte. Le prestataire indépendant opine que ce segment est assez limité pour influer sur le cours des évènements.


Un contexte qui favorise la vente des modèles d’occasion au détriment des voitures neuves

Les analyses de BAK Economics énoncent que les fabricants suisses de voitures ne doivent rien espérer de la conjoncture économique, s’agissant des prévisions pour 2020. Le marché de la demande demeure saturé, étant donné que le nombre d’habitants augmente plus rapidement que les immatriculations de véhicules neufs.

Les experts tablent alors sur une régression des ventes de véhicules neufs de 3,1 % l’an prochain. Les modèles mis en circulation devraient atteindre 297 000 unités en 2020, contre 296 000 à peu près entre 2021 et 2025.

D’après l’institut, la situation profitera aux vendeurs de voitures de seconde main, d’autant plus que le prix des modèles neufs évolue plus rapidement que celui des automobiles d’occasion. Les consommateurs se tourneront davantage vers cette dernière catégorie de véhicule.

Aux économistes d’ajouter que les questions non résolues concernant le choix du dispositif de propulsion sont susceptibles de repousser l’achat de voitures neuves.

Un sérieux écart entre les chiffres de 2019 et ceux des années précédentes

Depuis le mois de septembre 2017, les industriels suisses ont dû s’adapter au changement de protocole d’homologation concernant les émissions de gaz polluants. Les mesures réglementaires se durcissent, car les chiffres sont supposés être plus réalistes.


BAK a enregistré en septembre 2018 une baisse de 2,7 % des immatriculations par rapport à l’année précédente. Les compagnies d’assurance auto ont certainement ressenti ce recul. En tout cas, 225 000 véhicules neufs ont été mis en circulation au cours des neuf premiers mois 2018.

Concernant les chiffres de cette année en revanche, la performance des ventes de modèles neufs se justifie par les retards constatés dans la livraison des véhicules commandés antérieurement. Cette situation est la conséquence même de l’application de la nouvelle norme WLTP.

Bien que les analystes prédisent l’atteinte de l’objectif de 300 000 automobiles neuves vendues en 2019, ils signalent un éventuel repli des immatriculations. Un communiqué de BAK Economics a été publié le lundi 4 novembre dernier à ce sujet.