Même si l’usage de pièces automobiles issues de l’économie circulaire fait peu à peu son chemin, les assureurs souhaitent que la pratique soit généralisée dans un contexte où les coûts des pièces détachées sont en train d’exploser. À l’occasion de la cinquième édition des journées des administrateurs de l’Association des assureurs mutualistes (AAM) qui s’est tenu le 17 novembre dernier, ils ont réaffirmé leur volonté d’aller jusqu’au bout de leur requête.

Pour mieux maîtriser le coût des réparations automobiles

Adrien Couret, directeur général d'Aéma Groupe, a insisté sur la nécessité de favoriser le développement de cette nouvelle filière de réparation des voitures thermiques . En effet, les avantages sont autant sociaux qu'économiques et environnementaux.

La réparation durable constitue un enjeu majeur à l'heure où le pouvoir d'achat s'affaiblit et où les prix des pièces neuves explosent. Pour les assureurs, la priorité est de maîtriser le coût de réparation et à terme, de diminuer le montant des cotisations d'assurance auto.

Selon l'association Sécurité et Réparation automobile (SRA), qui réunit les entreprises d'assurance automobile chargées d'études techniques et de statistique, la hausse de +10,4 % des prix des pièces en un an a conduit à une forte augmentation de la charge sinistres pour les assureurs.

Un levier de croissance à moyen terme pour les constructeurs

De leur côté, les constructeurs automobiles se mobilisent pour promouvoir le recours aux pièces de réemploi et, sur le long terme, de faire de la filière un moyen pour contribuer à leur développement. Stellantis et Renault sont les premiers à miser sur l'économie circulaire.

D'après leurs estimations,

Celle-ci pourrait rapporter à chacun dans les 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2030.

La marque au losange s'attend même à une marge opérationnelle de plus de 10 % à cette date .

Dernièrement, l'équipementier automobile Faurecia s'est positionné sur cette branche. D'après La Tribune, il a procédé au lancement de Matéri'Act, une filiale spécialisée dans l'industrialisation de matériaux recyclés ou biosourcés.

Il faut savoir qu'un amendement de la loi sur la transition énergétique a permis de faire bouger les choses. Depuis le 1er janvier 2017, ce texte imposait aux professionnels de l'entretien et de la réparation automobile de proposer à leurs clients des alternatives moins chères aux pièces neuves .

Force est cependant de constater que beaucoup de garagistes ne respectaient pas cette obligation, comme l'a signalé la DGCCRF en octobre dernier.

À retenir

  • L'usage des pièces issues de l'économie circulaire?(PIEC) est en train de progresser, mais de nombreux réparateurs continuent de privilégier des pièces neuves, pourtant plus chères.
  • Les assureurs appellent ainsi à un recours de plus en plus fréquent aux pièces de réemploi afin de limiter le coût de réparation et faire baisser leur charge de sinistres.