De nombreuses voitures se retrouvent actuellement immobilisées en raison du confinement instauré pour endiguer la propagation du coronavirus. Les automobilistes concernés se demandent s’ils sont encore obligés de verser des primes d’assurance, puisque leur véhicule ne roule plus depuis un certain temps. Selon les spécialistes, tout dépend des termes du contrat souscrit par l’assuré.

Il est interdit de circuler sur les routes françaises sans assurance auto, au risque d'être lourdement pénalisé suite à un accrochage ou un contrôle inopiné. Cependant, avec la prolongation du confinement, certains conducteurs sont tentés de cesser de payer leurs assureurs. Les clients s'interrogent en effet sur l'utilité de tels services sur un véhicule immobilisé.

Le grand public est souvent conscient de l'utilité d'une couverture dans le cadre d'un accident de la route, au-delà de son caractère obligatoire. Les autres types de sinistres couverts sont en revanche moins connus. Pourtant, certains contrats protègent également le souscripteur contre d'autres risques comme les incendies, le vol, les actes de vandalisme, etc.

Une conjoncture influant sur le taux d'accidentalité

En raison du confinement, le trafic routier a fortement diminué dans l'Hexagone. Les rues sont même presque désertes dans certaines villes. En effet, les déplacements sont strictement encadrés par les autorités pour empêcher l'aggravation de l'épidémie de Covid-19. De ce fait, les voitures de la grande majorité des Français restent au garage, sur les parkings ou autres aires de stationnement dédiées.


Malgré son côté dramatique, la situation actuelle se révèle assez intéressante pour les assureurs.

La crise sanitaire a en effet provoqué une chute drastique du nombre d'usagers de la route. Ce phénomène entraîne logiquement une baisse significative des accrochages et des dommages liés.

Comme l'explique celui qui a créé le cabinet de conseil Facts & Figures, Cyrille Chartier-Kastler :

Si les gens ne circulent pas ou peu, les risques d'accident diminuent. Le bris de glace, qui est la première cause de sinistres, va donc se raréfier et faire chuter les montants à rembourser aux conducteurs.

D'après les spécialistes, cette période de l'année coûte habituellement cher aux compagnies d'assurance d'habitude. Les accidents tendent en effet à se multiplier sur les routes françaises en mars et en avril. La conjoncture exceptionnelle actuelle est ainsi susceptible d'entraîner une baisse des primes en 2021.

Des conditions de paiement définies par les contrats

Le paiement de la prime s'effectue mensuellement ou annuellement en fonction de l'assureur considéré. Pour cette dernière modalité, il est logiquement difficile d'envisager d'arrêter les paiements, juste pour une immobilisation d'environ un mois. Cependant, dans tous les cas, la majorité des contrats proposés sur le marché ne prévoit aucune mesure concernant l'interruption des versements des échéances.


D'autre part, une voiture a toujours besoin d'être protégée, même si elle est immobilisée. En effet, elle reste exposée à d'autres types de risques pouvant survenir hors circulation, les vols entre autres. Pour revoir leur prime à la baisse, les automobilistes peuvent éventuellement réduire leur niveau de garantie.

Il est notamment possible de basculer vers les offres d'entrée de gamme qui ne proposent qu'une garantie au tiers pour économiser quelques centaines d'euros (sur plusieurs années). Cette formule couvre uniquement la responsabilité civile du conducteur. Concrètement, l'assurance ne prend en charge que les dommages corporels et matériels infligés par l'automobiliste à d'autres usagers de la route.

Certains assureurs proposent également des offres « Pay when you drive », qui se révèlent particulièrement adaptées au contexte actuel. En fonction du contrat, l'assuré s'acquittera d'une prime calculée soit au kilométrage, soit à la journée, soit en fonction du temps passé au volant.