Les concessionnaires corses accusent une diminution de leur chiffre d’affaires en raison de la crise que traverse la filière automobile. Ils ont également dû mettre nombre de leurs salariés au chômage partiel. Ces professionnels s’interrogent sur la manière dont ils devront relancer leurs activités après le confinement. Bénéficieront-ils de l’appui des autorités ?

L'industrie automobile figure parmi les secteurs les plus impactés par la pandémie de coronavirus. Le marché hexagonal a enregistré une régression des ventes de plus de 70 % en mars dernier.

La Corse n'est pas épargnée par les effets de la crise. D'ailleurs, les concessions de l'île s'attendent à vivre une année problématique aux conséquences encore incertaines. Il peut en être de même pour les compagnies d'assurance auto.

Depuis que les mesures de confinement ont été appliquées, les enseignes ne peuvent plus recevoir du public. À ce contexte s'ajoutent l'érosion du pouvoir d'achat des ménages et l'évolution des normes européennes, comme l'indique David Istria. Ce dernier est un acteur emblématique de la vente de voitures en Corse.

Le redémarrage des activités de vente et de location s'annonce rude

François Orenga, qui tient une concession des marques DS et Citroën à Biguglia, espère que les professionnels recevront des aides pour limiter leurs pertes. Selon lui, la reprise des activités nécessite un accompagnement de la part du gouvernement et des collectivités publiques. Il émet quelques recommandations sur le sujet :

D'une façon générale, si l'on veut s'en sortir après cette crise et relancer notre économie, il faudra avant toute chose consommer ce qui est produit localement et ce qui est commercialisé par des commerçants corses. Sinon, c'est peine perdue.

Après la crise, la priorité des particuliers ne sera pas d'acquérir un nouveau véhicule. Quant aux entreprises, les répercussions financières de la situation d'urgence sanitaire ne leur permettront pas de remplacer rapidement les voitures équipant leur flotte. Si les mesures de restriction des déplacements se prolongent, le bilan des acteurs de la distribution en avril 2020 sera pire que celui de mars dernier.

Quelques concessionnaires témoignent de l'ampleur des pertes enregistrées

Selon les prévisions des analystes pour l'année 2020, le marché mondial de la voiture connaîtra un recul de 20 %. Les premiers résultats de cette récession sont déjà tangibles au sein des concessions présentes sur l'île de Corse.


Patrick Bernardini qui exerce à Bastia, Porto-Vecchio et Ajaccio table notamment sur une baisse de 30 % de ses ventes annuelles au moins. Chez ce concessionnaire qui représente certaines marques comme Land Rover et BMW, à part des dépannages d'urgence, les passages au garage pour les révisions se font rares.

Par ailleurs, du fait de la suspension de la commercialisation des voitures, environ 70 % des employés sont au chômage partiel. En outre, Patrick Bernardini indique être contraint de diminuer de 50 % sa flotte dédiée à la location cette année.

François Orenga, pour sa part, a vu son chiffre d'affaires dégringoler de 70 % en mars dernier. Par ailleurs, la proportion de salariés de la concession qu'il a fallu mettre au chômage partiel s'élève à deux tiers.