Avec le renforcement des mesures contre les émissions polluantes à travers le monde, les constructeurs automobiles doivent adapter les modèles qu’ils proposent. Afin de répondre aux attentes des consommateurs et des autorités en place, ils se tournent désormais vers l’hydrogène. Si cette solution s’avère intéressante, son déploiement connaît cependant certains freins.

Bon nombre de constructeurs automobiles opinent que les modèles électriques à eux seuls ne permettront pas de s'aligner sur les objectifs environnementaux qui ne cessent de durcir. De ce fait, ils se convertissent lentement au moteur à hydrogène bien que cette technologie demeure extrêmement chère.

Certes, certains fabricants (PSA par exemple) ont déjà entrepris des recherches dans ce sens dans les années 2000. Cependant, celles-ci ont été rapidement suspendues.

Récemment, plusieurs marques ont créé la surprise en annonçant la sortie prochaine de voitures à hydrogène. Le français Renault ainsi que les allemands BMW et Audi en font notamment partie.

La conversion vers l'hydrogène reste problématique

Le coût est le premier obstacle à la production de voitures à hydrogène. En effet, la technologie permettant de combiner de l'hydrogène avec de l'oxygène pour générer de l'énergie électrique nécessite d'importants investissements. D'autre part, les experts automobiles ont relevé d'autres freins majeurs au développement de voitures dotées de pile à combustible.


D'après l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE), le procédé de transformation de l'hydrogène en électricité génère des pertes énergétiques, limitant ainsi les rendements des véhicules à 20 ou 30 %. Et bien sûr, le manque d'infrastructures de recharge à travers le monde est pénalisant.

Certains de ces obstacles ont été mis en évidence à partir de 2005. Cette année-là, le constructeur allemand BMW a présenté sa limousine Hydrogen 7 à l'état expérimental.

Les tests ont révélé qu'avec le plein de carburant, le véhicule affichait une autonomie de 500 km, contre 200 km avec le plein de gaz. Par ailleurs, pas plus de six stations permettaient le rechargement d'une voiture à hydrogène à l'époque.

Pour toutes ces raisons, les marques automobiles accusent un sérieux retard en matière de motorisation à hydrogène. Selon l'AIE, pas plus de 11 200 modèles équipés de cette technologie ont été relevés dans le monde vers la fin 2018.

De nombreuses voitures à hydrogène seront bientôt disponibles

Malgré les entraves, certains constructeurs automobiles ont lancé leurs voitures à hydrogène. C'est notamment le cas de Hyundai et de Toyota qui ont lancé respectivement la iX35 et la Mirai en 2014. En 2016, Honda les a rejoints avec la Clarity. Pour sa part, Daimler-Mercedes a commencé à commercialiser la Mercedes GLC F-Cell en 2018.


Avec l'arrivée de ce nouveau type de véhicule, les conducteurs intéressés devront réaliser une simulation assurance auto afin de repérer les meilleures offres de couverture. Cette démarche s'avère d'autant plus incontournable sachant que ces voitures ne sont pas vendues à moins de 70 000 euros.

Il y a peu, Renault, BMW, Audi et PSA ont aussi annoncé le lancement de leurs voitures à hydrogène pour les prochaines années. Cependant, Hyundai et Toyota, les leaders dans ce domaine, ne comptent pas se laisser devancer.

Les deux marques ont ainsi annoncé leur désir d'accroître leur production. Elles envisagent notamment de rentabiliser leurs piles à combustible en commercialisant des bus et des camions dans certains pays européens.

De son côté, Renault a décidé de commencer en équipant sa gamme de véhicules utilitaires électriques de piles à combustible de petite taille. Un responsable au sein de l'Alliance Renault-Nissan explique que cette solution coûte moins cher par rapport aux voitures fonctionnant uniquement à l'hydrogène.