2020 est synonyme de grands bouleversements dans le secteur automobile. En effet, cette année, le bonus écologique baisse tandis que les malus sont réévalués à plusieurs reprises. Du côté des constructeurs, les nouvelles directives européennes antipollution s’appliquent depuis début janvier. Certains ont donc retardé la livraison des modèles électriques pour réduire le niveau d’émissions de CO2 de leur production.

La relation d’une marque avec sa clientèle a généralement des répercussions sur ses ventes en concession et même en assurance auto. Dans un contexte d’incertitude, certains constructeurs risquent ainsi de subir les conséquences de la suspicion grandissante des consommateurs par rapport aux retards de livraison.

Récemment, 60 Millions de Consommateurs a révélé que des centaines d’acheteurs attendent toujours leur nouvelle voiture électrifiée. Pourtant, elle aurait dû être livrée depuis longtemps.

Selon l’association, ce retard s’explique par une manœuvre des constructeurs pour éviter les amendes de l’Union européenne. De cette manière, ces véhicules compteront pour l’année 2020 et contribueront à réduire leur taux d’émissions annuelles de polluants.

Un problème répandu dans le secteur automobile

Ayant reçu de nombreuses plaintes concernant des retards de livraison de voiture, l’association 60 Millions de Consommateurs a dénoncé la démarche des constructeurs. De son côté, 40 Millions d’automobilistes tempère en évoquant d’autres hypothèses comme le manque de préparation des fabricants quant au basculement vers l’électrique. D’après le délégué de l’association, Pierre Chasseray :

« La demande croissante des véhicules électriques peut poser des problèmes de capacité de production.»

En tout cas, Kia ne semble pas être le seul à adopter la stratégie consistant à retarder les livraisons pour éviter des amendes particulièrement lourdes. De nombreux consommateurs se plaignent d’un problème similaire après avoir commandé une nouvelle Renault Zoe. Selon Capital, toutes les grandes marques font de même pour se protéger de la nouvelle réglementation européenne.


Certains constructeurs ont, en revanche, décidé d’attendre l’entrée en vigueur des nouvelles normes avant de commercialiser leurs nouveaux modèles. De cette manière, ils n’auront pas à gérer les complications liées à la transition, surtout pour les livraisons prises entre fin 2019 et début 2020.

Ainsi, plusieurs nouvelles voitures électriques sortiront au cours de ce premier trimestre. La Peugeot e-208, la DS3 Crossback E-Tense, la Volkswagen e-Up, la Mini électrique et la Seat Mii Electric en font notamment partie.

Des pratiques discutables

À en croire le témoignage des clients de Kia sur 60 Millions de Consommateurs, les nouvelles voitures qu’ils ont commandées étaient bloquées au Havre depuis des semaines, voire des mois, après leur arrivée de Corée du Sud. Certains concessionnaires semblent les avoir prévenus de la stratégie du constructeur. Selon les propos d’un acheteur, relayés par Capital :

« Mon concessionnaire a reçu la consigne de ne plus immatriculer aucune voiture électrique et hybride rechargeable sur les mois de novembre et décembre 2019. »

L’association de défense des consommateurs a contacté Kia France pour obtenir des explications sur ce problème. Le représentant de la marque a démenti toutes les allégations.

De nombreux acheteurs envisagent d’exiger un remboursement ou d’engager une action en justice contre Kia. D’autres s’inquiètent de l’impact de ces retards sur leur bonus écologique.

En effet, cette prime passera désormais à 3 000 euros pour les modèles valant plus de 45 000 euros. Néanmoins, l’ancien bonus de 6 000 euros reste encore applicable aux voitures livrées jusqu’au 31 mars prochain.