Une étude réalisée par la banque Lazard et le cabinet Roland Berger met en lumière les conséquences de la crise sanitaire sur les équipementiers automobiles. Naturellement, ils n’ont pas été épargnés. Ils subissent la baisse des demandes. La fusion peut être une solution pour s’en sortir, dans un secteur qui est aussi en pleine mutation.

Une étude réalisée par la banque Lazard et le cabinet Roland Berger met en lumière les conséquences de la crise sanitaire sur les équipementiers automobiles. Naturellement, ils n'ont pas été épargnés. Ils subissent la baisse des demandes. La fusion peut être une solution pour s'en sortir, dans un secteur qui est aussi en pleine mutation.

Malgré la croissance de cet été, les impacts de la crise sanitaire se font sentir chez les équipementiers automobiles. D'ailleurs, ils ne sont probablement pas les seuls à les subir. D'autres secteurs, comme l'assurance auto, en font également les frais.

Chez les équipementiers, le taux d'endettement dépasse déjà la marge (Ebit), selon l'étude réalisée par Lazard et Roland Berger. Les entreprises européennes sont les plus touchées. Pour retrouver le chemin de la croissance, un partenariat avec des acteurs qui se portent mieux peut être la solution. De plus, la filière est amenée à se transformer pour faire face à de nouvelles demandes.


La fusion pourrait aider certains à se relever

Les opérations de fusions-acquisitions ont encore été en baisse l'an dernier, selon cette étude. Elles sont passées de 252 en 2015 à 136 en 2019. Toutefois, une hausse pourrait avoir lieu dans les années à venir, selon Éric Espérance, du cabinet Roland Berger.

Ce sera, en partie, la conséquence de la crise. Mais il rappelle également l'évolution que doit suivre le secteur, face aux innovations apportées dans l'industrie automobile. Le développement de la motorisation électrique les contraint par exemple à améliorer leurs appareils électriques.

Dans ce contexte, les petites structures, qui manquent de moyens, pourront s'allier aux plus grandes qu'elles. Cela apportera une certaine solidité au secteur, fortement impacté par la crise.

Il faut savoir que les conséquences ne sont pas uniquement d'ordre financier. Les fournisseurs et les donneurs d'ordre n'entretiennent plus les mêmes relations. Des tensions sont apparues, avec l'annulation ou la modification des commandes. Dans d'autres cas, les prix ont augmenté, à cause des pressions sur les dates de livraison.

Cela dit, chez les entreprises qui ont su s'adapter, une relation de confiance s'est bâtie, et elle leur est bénéfique aujourd'hui. D'ailleurs, l'été dernier, elles ont déjà pu se redresser, réalisant une meilleure croissance que celle attendue.


Les équipementiers en Chine résistent mieux à la crise

Pour autant, l'étude, impliquant 600 entreprises réparties dans le monde entier, montre un recul conséquent. Cela est dû à une baisse des demandes sur le marché automobile, au cours des six premiers mois de 2020.

Leur marge d'exploitation (Ebit) aurait chuté de 1,7 %, alors qu'elle avait déjà plongé de 7,7 % en 2017, puis de 5,1 % en 2019. En outre, la proportion des endettements est trois fois supérieure au taux de l'Ebitda.

La situation reste différente selon le pays. En Chine, les équipementiers réalisent des résultats identiques à ceux de 2019 dès le deuxième puis le troisième trimestre de cette année. Leur marge (Ebit) était de 4,5 % au premier semestre, alors qu'elle était de 0,2 % pour les entreprises en Europe, et de 2,2 % en Amérique du Nord.

Selon Éric Espérance :

Le marché chinois, notamment, est sorti de la crise avant les autres.

Mais les équipementiers devront encore s'attendre à une baisse de 15 à 20 % de leurs revenus, selon les auteurs de cette étude. Ils rappellent que les résultats records de 2017, avec 94,3 immatriculations, ne pourront pas être atteints avant 2026. D'ailleurs, ils prévoient un recul de 20 % en 2020 par rapport à l'année précédente. Soit moins de 72 millions de voitures légères neuves vendues.