La multiplication des véhicules électriques génèrera un marché estimé à environ 200 milliards d’euros, selon une étude réalisée par Accenture. Celui-ci tournera notamment autour de la production et la gestion de l’énergie, de l’électricité notamment. Il profitera ainsi à des fournisseurs historiques tels qu’EDF ou Engie. D’autres acteurs pourront également s’y faire une place.

La progression de la conduite électrique est une évidence. Sur les huit premiers mois de 2019, les ventes de véhicules électriques ont signé une hausse de 50 %. Mais à qui profite la démocratisation de ces modèles ?

Le cabinet de conseil Accenture s’est penché sur le sujet, à travers une étude réalisée en Europe et en Amérique du Nord, qui a vu la participation de 6 000 personnes.

Il relève ainsi le développement d’un nouveau marché fructueux, qui bénéficiera à plusieurs acteurs. Bien entendu, l’écosystème qui se créera autour de ce nouvel usage requerra une régulation appropriée.

Deux modalités de gestion envisageables

Au niveau des réglementations qui viendront encadrer ce nouvel écosystème, Accenture met en avant deux scénarios. D’un côté, une gestion par le secteur privé, qui implique que les recharges se feront uniquement au domicile. La gestion par la sphère publique reste toutefois possible, permettant alors de disposer d’une bonne partie des installations en lieux publics.


Ce deuxième cas de figure contribue à optimiser l’utilisation des bornes de recharge. En effet, elles pourront être mises à la disposition de plusieurs véhicules. Ce mode de gestion pourra néanmoins aboutir à la mise en place de politiques tarifaires.

Les autorités publiques pourront par exemple limiter les temps de recharge ou appliquer des règles de stationnement bien définies. Selon les experts du cabinet Accenture, elles chercheront notamment à maîtriser les dépenses en matière d’énergie face à un prix de l’électricité qui fluctuera énormément.

La question de la gestion reste donc pour l’heure en suspens. En attendant, Accenture présente les gains potentiels pour les acteurs concernés.

Plusieurs opportunités économiques créées

Selon cette étude, le développement de la conduite électrique engendrera l’apparition de nouveaux marchés qui tournent autour de la distribution d’électricité, le stockage de l’énergie ainsi que la gestion des infrastructures utiles à ce nouveau mode de conduite.

La qualité de ces infrastructures s’avère cruciale, pour garantir une meilleure utilisation par les automobilistes. Par précaution, ils sont également tenus de souscrire une assurance, et peuvent utiliser une simulation assurance auto pour trouver un contrat adapté, compte tenu des risques existants.

L’installation et la gestion de ces infrastructures suffisent donc à elles seules pour générer plus de 40 milliards d’euros d’ici 2040. À cela s’ajoute un marché novateur, centré sur le stockage de l’énergie.

L’enjeu est en effet de pouvoir proposer l’énergie en fonction des besoins et du prix du marché. Ce qui implique le recours aux batteries. Ce marché sera estimé à 6 milliards d’euros, à l’horizon 2040.


Près de 200 milliards d’euros de volume d’activité d’ici 2040

Outre les marchés créés autour de la production et la distribution d’énergie, les services additionnels tels que le financement des véhicules ou l’exploitation d’une flotte automobile constituent également un marché proposant un gain potentiel d’environ 20 milliards d’euros.

En tout, l’avènement des véhicules électriques permet donc de créer un écosystème économique qui produira environ 200 milliards d’euros d’ici 2040, sur le seul marché français. Il profitera en premier lieu aux fournisseurs d’énergie, dont l’activité traditionnelle suffit à elle seule pour créer près de 130 milliards d’euros.

Les compagnies pétrolières ou les gestionnaires de parking pourront également partager ce marché avec ces derniers, tout comme les collectivités locales. L’exemple est d’ailleurs donné par la municipalité de Paris, qui détient le réseau de recharge de la ville, légué par Autolib.

L’évolution du marché sur le long terme reste néanmoins incertaine. En effet, le rythme de croissance du secteur reste peu connu. Le parc français ne pourrait par exemple atteindre le million de véhicules électriques que d’ici 2025. Il faudra également attendre 2040 pour que les ventes de modèles électriques surpassent celles des voitures thermiques.