L’industrie automobile française a, depuis de nombreuses années, occupé la seconde marche du podium sur le marché européen en matière de production. Du moins, jusqu’en 2011 où, elle a commencé à perdre de la vitesse pour céder sa place à d’autres pays sans que l’on sache vraiment pourquoi. Une question que l’Insee a tenté de répondre avec moins d’une décennie de retard.

Le 11 novembre dernier, l’Insee a rendu publics les résultats de ses études concernant l’industrie automobile française. Une enquête qui visait principalement à déterminer les raisons pour lesquelles ce segment a autant reculé dans le classement des producteurs européens entre 2011 et 2016 pour se retrouver à la cinquième position, alors qu’il occupait la seconde place depuis de nombreuses années.

Ainsi, l’institut a démontré que différents facteurs sont à la source de cette perte de vitesse non négligeable en pointant principalement du doigt les effets négatifs de la crise de 2008 ainsi que la désindustrialisation de la France ou encore la concurrence étrangère.


La France n’est plus qu’à la cinquième position

À travers cette récente publication, l’Insee a fait valoir que :

« La production automobile française est désormais la cinquième de l’Union européenne. Elle est en perte de vitesse, surtout depuis la crise financière de 2008 ».

Concrètement, les constructeurs français ont commencé à perdre de leur notoriété depuis 2011, alors qu’ils occupaient la deuxième place des classements depuis des lustres pour se retrouver à cette position susmentionnée en 2016. D’ailleurs, nul besoin d’effectuer une simulation assurance auto pour savoir que cette situation s’est reflétée auprès des assureurs qui, en parallèle, ont vu moins de marques françaises souscrire à une couverture.

Mais pour en revenir au classement, l’Insee a dressé la liste des cinq premiers acteurs européens selon leur performance en matière de part de production sur le marché :

  • 44,5% pour l’Allemagne ; 
  • 8,2% pour le Royaume-Uni ; 
  • 7,4% pour l’Espagne ; 
  • 6,7% pour la France.

Ainsi, tout indique que l’Hexagone est désormais en tête du peloton en précisant qu’avec 6,7% à son actif en 2016, sa part qui était de 13,1% en début 2000 a été presque divisée en deux, alors que celle des pays de l’Est a triplé pour représenter 16,5% contre 5,2% 16 ans plus tôt.

Résultats, le solde commercial des groupes français a, en 2016, affiché un déficit considérable de 9,6 milliards d’euros. À noter que ces derniers ont d’ores et déjà évolué en territoire négatif depuis la dernière crise.


Différents facteurs en seraient la cause

Comme susmentionnée, la crise financière qui a secoué le monde il y a plus d’une décennie figure parmi les nombreux facteurs à l’origine de la chute de la production automobile des constructeurs français pour permettre à l’Insee de dire que :

« Contrairement à la production des principaux pays producteurs, celle de la France n’a pas récupéré son niveau d’avant la crise de 2008 ».

Et d’après l’Institut, la désindustrialisation du pays qui s’est enclenchée ces dernières années y est pour beaucoup, alors que le système est déjà lesté par différents éléments. Entre autres :

  • Une part de marché de plus en plus dominée par les marques étrangères importées ; 
  • L’internationalisation de la production des groupes français ;

Concernant ce second point, les auteurs de ces analyses ont tenu à expliquer que :

« Les productions des groupes français à l’étranger réduisent la balance commerciale de deux façons lorsqu’elles sont réimportées vers la France, mais aussi lorsqu’elles servent la demande locale (et) se substituent potentiellement à des productions nationales exportées ».

Quant au déficit de 9,6 milliards d’euros, l’Insee a exclusivement pointé du doigt le recul significatif des ventes sur le marché des voitures particulières pour céder la place aux marques importées principalement dominées par les Allemandes.