Porté essentiellement par les enjeux climatiques, les voitures électriques ont accéléré leur développement en Europe ces dernières années dans le but de dominer le marché automobile européen d’ici une décennie. Un objectif ambitieux qui risque d’être difficile à atteindre selon les analystes prenant en compte les différents facteurs ralentissant le rythme.

Dernièrement, médias, réseaux sociaux, sites spécialisés et comparateur assurance auto ont tendance à traiter des sujets qui tournent autour des véhicules électriques notamment depuis que l'Europe a décidé d'interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035.

À ce propos, force est de constater que la position de ces modèles électrifiés n'a pas arrêté de se consolider sur le marché automobile européen en affichant une croissance significative comme pour le cas de la France enregistrant une hausse de 38% en mai dernier en glissement annuel.

Une façon de dire que l'essor des voitures électriques est bien parti pour accélérer à pas de géant sauf que des obstacles majeurs sont venus ralentir cet élan en faisant allusion aux problèmes de production et d'approvisionnement.


Des signes de ralentissement se dessinent

D'après l'analyste Matthias Schmidt, 1,2 million de véhicules 100% électriques ont été vendus en Europe de l'Ouest rien qu'en 2021. La preuve que la croissance est bien au rendez-vous pour ces modèles voués à dominer le marché automobile européen dans la prochaine décennie.

Ce qui est déjà une bonne nouvelle sauf qu'aux yeux des analystes, cette accélération risque de s'estomper en prenant compte des différents signes de ralentissements qui se dessinent.

À commencer par la baisse de la production engendrant un déséquilibre entre l'offre et la demande pénalisant les constructeurs éprouvant des difficultés à respecter les délais de livraison. Et les industriels sont de plus en plus nombreux à être concernés comme c'est le cas chez Volkswagen annonçant récemment que :

Les commandes de voitures électriques reçues désormais ne seraient pas livrées avant 2023, que ce soit en Europe ou aux États-Unis.

Même son de cloche du côté de Mercedes indiquant que :

C'est assez largement vrai pour nous aussi.

Un phénomène généralisé selon les observateurs ajoutant la flambée des prix à la liste des indicateurs lestant les ventes. La Dacia Spring illustre bien les faits en passant de 16 900 euros à son lancement en mars 2021 à 19 290 euros actuellement. C'est aussi le cas pour la Model 3 de Tesla accessible à 50 990 euros depuis janvier 2022 contre 43 800 euros l'an dernier.

De quoi expliquer l'écart de prix moyen de 45% entre l'électrique et le thermique selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estimant qu'il faudrait attendre jusqu'en 2025 ou 2027 pour voir l'arrivée du point de bascule pour la généralisation des modèles électrifiés.

Les problèmes d'approvisionnement pointés du doigt

D'après les industriels de l'automobile, ces signes de ralentissement s'expliquent à travers les problèmes d'approvisionnement lestant le système depuis plus d'un an. Ce, en faisant allusion à la pénurie de matières premières permettant de fabriquer le cœur même des voitures électriques, les batteries.

En effet, l'AIE estime qu'à cause de cette crise, le prix du nickel et du cobalt ont doublé en mai dernier par rapport à janvier 2021 tandis que le cours du lithium est devenu sept fois plus élevé. De quoi, élever à hauteur de 15% le coût moyen de fabrication des batteries faisant flamber par la même occasion le prix du véhicule.

Et ce phénomène risque de se renforcer selon les constructeurs s'attendant à une pénurie de batteries dès 2025 pour la simple raison que la production de matières premières fera défaut à partir de cette échéance d'autant que la guerre en Ukraine n'est pas pour arranger les choses. Raison pour laquelle l'AIE a annoncé que :

Il est urgent d'investir dès maintenant dans l'exploitation de nouvelles mines de nickel, de cobalt et de lithium.