Durant le confinement, 350 000 candidats au permis de conduire n’ont pas pu passer leur examen. Cette situation a entraîné la saturation des auto-écoles. Par conséquent, suite à un premier échec, il faut attendre 70 jours en moyenne avant de pouvoir repasser les épreuves. Ce long délai nuit aussi bien aux élèves qu’aux écoles de conduite. Explications.

Certains futurs souscripteurs d'assurance auto, convoqués à passer le permis quelque temps après le confinement, ont raté leur examen faute d'entraînement. Ils devront patienter en moyenne 70 jours avant de pouvoir retenter leur chance. En effet, les places sont insuffisantes au niveau des auto-écoles.

Dans ce contexte, une monitrice exerçant à Saint-Ouen-des-Alleux (Ille-et-Vilaine) souhaite que les modalités de l'examen soient remaniées. Elle a d'ailleurs créé une pétition à cet effet. Cette enseignante propose notamment l'instauration d'un contrôle continu qu'elle estime plus efficace par rapport à l'examen habituel qui implique un important stress pour les candidats. Les inspecteurs seront alors tenus d'examiner la formation dispensée par les auto-écoles.


Quelles sont les conséquences pour les élèves ?

Les embouteillages au niveau des auto-écoles ne sont pas près de prendre fin. En effet, une arrivée massive de nouveaux candidats est prévue cet automne. Christophe Nauwelaers, qui préside le syndicat d'inspecteurs Unsa-Saneer détaille :

Le nombre de candidats au Code de la route a doublé cet été. De nombreux jeunes ont profité du confinement pour réviser les épreuves.

Les conséquences de cet afflux pour ceux qui ont raté leur examen sont énormes. Certains ont notamment peu de chance de le repasser avant la fin de l'année. Or, ils peuvent avoir besoin de leur permis pour décrocher un emploi. En même temps, ils doivent continuer à suivre des cours pour ne pas perdre leurs réflexes. Avec l'heure qui coûte 50 euros pour une leçon de conduite, la facture peut rapidement augmenter.

Une solution se présente pour les candidats qui souhaitent éviter un temps d'attente trop long : passer leur examen dans une autre région. Christophe Nauwelaers explique en effet que les délais dans certains territoires sont plus courts. Tel est par exemple le cas en Occitanie. Les candidats peuvent notamment trouver une place d'examen sur une plateforme digitale d'inscription dans la région. Cet été, celle-ci en a comptabilisé près de 200 qui ont été vacantes.

Et pour les auto-écoles ?

Plusieurs députés ont exposé la situation aux autorités. Ces dernières ont ainsi décidé de libérer 90 000 places d'examen avant fin 2020. Par ailleurs, le nombre d'inspecteurs a été augmenté. Selon Christophe Nauwelaers, 10 examinateurs retraités ont été rappelés pour renforcer les effectifs. Le président de l'Unsa-Saneer note également :

L'épreuve des questions a été supprimée lors de l'examen du permis, ce qui permet d'accélérer la cadence et de faire passer plus de candidats.

En tout cas, si les élèves perdent de l'argent en attendant de pouvoir repasser leur examen, cette situation entraîne également un manque à gagner pour les écoles de conduite. Comme l'explique un moniteur :

C'est toujours difficile d'annoncer à un élève qu'il ne peut pas présenter l'examen qu'il prépare et de lui demander de repayer des leçons. Résultat : je prends moins d'élèves. Pas d'examen, pas de formation.

En parallèle, les auto-écoles doivent remédier aux difficultés financières liées à l'arrêt de leur activité durant le confinement. Sans compter qu'elles doivent aussi se procurer le matériel nécessaire pour se conformer au protocole sanitaire établi pour limiter la propagation du coronavirus. Les enseignes sont entre autres contraintes d'acheter du gel hydroalcoolique et des vitres de protection en plexiglas.