Sur l’appétit des acheteurs pour les voitures neuves, la réalisation de prévisions en 2022 apparaît compliquée chez les spécialistes. Il en est de même à l’égard du ravitaillement des fabricants automobiles, en composants électroniques par exemple. Cette année, les prédictions de transactions de véhicules neufs semblent difficiles à cause des incertitudes. Pourtant, le marché affiche un potentiel de reprise impressionnant.

Au sein du cabinet IHS, les analystes ont réalisé une projection relative au marché automobile autour du globe pour 2022. Ils ont alors prévenu que cette année, l'Europe ne réussira pas à recouvrer le nombre de transactions de 2019. Pour renouer avec celui-ci, il faut patienter jusqu'en 2024, prédisent les experts. À noter que comparée à ailleurs, la crise sanitaire s'est avérée plus intense sur le Vieux Continent.

Globalement en revanche, les spécialistes d'IHS s'attendent cette année à une reprise de 4 % à l'échelle mondiale. Le marché totaliserait ainsi 82 millions de ventes et ne recollerait aux chiffres de 2019 qu'en 2023.


Les optimistes s'attendent à une demande élevée

2022 est l'année la plus difficile pour dégager des prévisions concernant le marché des ventes de voitures, d'après Eric Champarnaud. Pourtant, l'associé fondateur du cabinet C-Ways affirme s'être habitué aux pronostics depuis 27 ans. En conséquence de cette difficulté, seul un nombre restreint de spécialistes se sont lancés dans cet exercice en 2021.

Les plus optimistes d'entre eux continuent d'espérer un maintien de la demande à un degré élevé. Flavien Neuvy, lui, soutient que dans les meilleures conditions, chaque année se clôture normalement par 2 millions d'automobiles distribuées. Un volume qui profite notamment à chaque site comparateur assurance. Le directeur de l'Observatoire Cetelem poursuit :

[…] Sur les deux dernières années, ce sont donc 700.000 voitures qui ont manqué au marché, un retard qu'il faudra bien rattraper. Il y a un potentiel de rebond incroyable !

Les experts le soulignent, le secteur automobile est depuis longtemps parfaitement lié à la croissance économique.

La pénurie de semi-conducteurs entraîne des incertitudes

Flavien Neuvy a cependant choisi d'éviter d'énoncer une prédiction pour cette année. Il concède :

Il y a tellement d'incertitudes que nous serions forcément démentis, dans un sens ou dans l'autre.

Le principal doute, qui déconcerte les spécialistes de l'automobile, réside dans les chaînes de ravitaillement des fabricants. Il porte surtout sur les puces électroniques. François Roudier, de la Plateforme automobile, constate qu'aucune information à leur propos n'est fiable. Le tout sans même évoquer les plastiques et l'acier, qui affichent également d'importantes tensions, ajoute-t-il.

Ces inquiétudes sur la possibilité de construire des voitures s'assortissent de celles sur l'attrait des acheteurs à l'égard des modèles neufs. Ceci dans un contexte où les ventes commencent à endurer :

  • L'hésitation relative au choix d'une motorisation ;
  • Les tarifs progressifs.

Enfin, Eric Champarnaud indique que s'il faut inévitablement livrer un pronostic :

[…] En prenant comme hypothèse une normalisation du marché mi-2022, on peut espérer que les ventes de voitures neuves remontent à 1,75 million d'unités en France sur l'année.

Comparé à l'an dernier, une évolution de +6 % se produirait alors. Les transactions demeureront cependant largement en-dessous des 2,21 millions d'unités relevées en 2019.