Après Aston Martin, Bentley ou encore Rolls-Royce, c’est au tour de Ferrari d’entamer sa transition vers le 100 % électrique. Le constructeur italien a récemment fait savoir son intention de déployer son premier véhicule propre d’ici quatre ans. Ce qui peut être considéré comme un passage obligé, compte tenu de nombreux facteurs.

Aujourd'hui, presque plus aucune enseigne ne résiste au modèle entièrement électrique. Après les constructeurs de voitures de masse, c'est la liste des marques de luxe qui ne cesse de s'allonger. À ce titre, Aston Martin a récemment annoncé son projet de produire des voitures 100 % électriques en 2025. La filiale de Volkswagen, Bentley, a quant à elle prévu d'abandonner totalement le secteur thermique d'ici 2030. Son premier véhicule entièrement électrique devrait être déployé dans quatre ans. Rolls-Royce (groupe BMW) et McLaren envisagent également de suivre cette voie. La semaine dernière, c'est Ferrari qui a dévoilé son plan de lancer un bolide 100 % électrique en 2025.


Quelques difficultés relevées

L'annonce a été faite par le patron de la marque, John Elkann, à l'occasion de l'assemblée générale de l'entreprise. Il y a quelques années, la fabrication d'un véhicule muni d'un moteur électrique était pourtant encore impensable. Avant de se retirer en décembre 2020, son ancien président, Louis Camilleri, a en effet indiqué en 2019 que :

Un grand nombre de nos clients ne peuvent pas imaginer une vraie Ferrari 100 % électrique.

C'est la raison pour laquelle la marque au cheval cabré a préféré se pencher sur la technologie hybride. D'après l'analyste de Jefferies, Philippe Houchois, celle-ci procure plus de puissance au bolide sans pour autant modifier son comportement sur route. Une assurance adaptée est néanmoins requise.

Pour les constructeurs, ne pas fournir le vrombissement et la performance d'un moteur thermique aux passionnés de sportives est inconcevable. Bien que les modèles électriques permettent de surprenantes accélérations grâce à un couple moteur élevé, ils s'avèrent silencieux. De plus, leur poids plus conséquent génère une expérience de conduite différente sur la route. Philippe Houchois estime alors que :

C'est une question de puissance, de bruit, mais aussi de comportement routier impossible à reproduire.

Une marche forcée

En retard dans le secteur, Ferrari a souvent mis en avant des difficultés techniques telles que :

  •  La vitesse de recharge;
  •  La faible autonomie pour les circuits.

Il y a environ un an, le directeur marketing de la firme italienne, Enrico Galliera, a déclaré que :

La technologie de la batterie n'est pas encore suffisamment développée pour répondre aux besoins d'une supercar.

Alors que préserver les legs du passé a toujours été primordial pour l'enseigne, plusieurs raisons l'amènent aujourd'hui à virer vers le tout électrique. Dans ce contexte, l'interface numérique de telles voitures semble généralement plus sophistiquée. Or, Philippe Houchois précise que :

Les clients chinois sont très sensibles à la technologie.

Par ailleurs, cette marche forcée vers les modèles à batterie pourrait également s'expliquer par des motifs environnementaux. Dans plusieurs pays, le malus appliqué aux véhicules réputés polluants se révèle très dissuasif pour les consommateurs.

À noter qu'en France il peut s'élever jusqu'à 40000 euros. Au Royaume-Uni, les dirigeants ont décidé d'interdire les automobiles entièrement thermiques à l'horizon 2030.