Après un siècle d’activité, la société de location de voitures Hertz a déclaré faillite le 22 mai dernier en Amérique du Nord. Pour l’instant, le problème ne concerne pas ses filiales implantées en dehors des États-Unis et du Canada. Les Français craignent toutefois d’y être confrontés en optant pour les services du loueur durant les vacances.

Hertz fait partie des interlocuteurs privilégiés des entreprises et des professionnels de l'assurance auto, notamment en raison de sa fiabilité et de son expérience. Malgré tous ses atouts, la marque de renommée mondiale n'a pas pu résister aux effets de la pandémie de Covid-19.

La crise sanitaire a en effet immobilisé la majorité de son immense flotte de 700 000 voitures. Or, la dette du loueur atteignait déjà les 17,4 milliards d'euros, selon les estimations relayées par Le Parisien. Au final, le manque à gagner dû au coronavirus n'a fait qu'aggraver la situation d'une entreprise déjà fragile. La faillite était donc inévitable.

Il est difficile d'obtenir un remboursement en cas de faillite du loueur

En cas de faillite du loueur, les clients risquent de se retrouver dans une situation particulièrement délicate. En effet, la procédure à suivre pour se faire rembourser est souvent très compliquée. De plus, les résultats de ce type de démarche sont rarement satisfaisants.


Comme l'explique le responsable juridique de l'UFC-Que choisir, Raphaël Bartlomé :

Le secteur de la location de voiture n'est pas doté d'un fonds de garantie, comme le sont les voyagistes. En cas de faillite, le client doit remplir une déclaration de créance et l'envoyer au liquidateur.

Les clients d'Aigle Azur (compagnie aérienne qui a fait banqueroute), par exemple, ont dû se résoudre à suivre cette voie administrative en septembre dernier pour réclamer le remboursement de leur billet. Cependant, dans ce cas de figure, le liquidateur s'acquitte généralement des dettes en fonction de l'ordre d'apparition des créanciers. Ainsi, les chances de remboursement sont assez faibles pour les clients particuliers.

Pour anticiper ces problèmes, les spécialistes recommandent d'opter pour un package qui comprend un billet de train ou autre en plus de la location de voiture. Les consommateurs peuvent aussi choisir une carte bancaire incluant une garantie qui couvre la faillite d'un voyagiste. Toutefois, il s'agit souvent de formules haut de gamme et donc onéreuses, comme la Visa Premier.

Des entreprises soutenues par les pouvoirs publics

Afin de limiter l'impact de la crise, Hertz a décidé de supprimer 10 000 postes en Amérique du Nord. Les mesures prises par la direction n'ont finalement pas permis de sauver la société. Après avoir déclaré faillite, elle a recensé en définitive 20 000 licenciements dans le cadre de son plan de redressement.

D'après les professionnels, cet évènement historique ne devrait pas affecter les filiales de la marque exerçant en Europe, pour l'instant. Ces déclarations n'empêchent pas pour autant les consommateurs de s'inquiéter concernant leurs vacances. En effet, de nombreuses familles privilégient la location de voiture pour leurs escapades estivales.


Les Français sont préoccupés par une myriade de problèmes depuis la levée du confinement, à commencer par le respect du périmètre de 100 kilomètres et des mesures sanitaires au quotidien. Avec l'officialisation de la faillite de la société Hertz, les clients habituels des loueurs s'interrogent sur les risques liés à leurs services.

Néanmoins, selon le responsable juridique de l'UFC-Que Choisir :

Le gouvernement a mis en place des garde-fous qui devraient permettre de limiter la casse.

Par exemple, les loueurs peuvent prétendre à divers dispositifs d'aide comme le chômage partiel ou encore les PGE (prêts garantis par l'État).