En dépit des idées reçues, les femmes adoptent un comportement plus prudent sur les routes et enregistrent ainsi un taux d’accidentalité plus faible. Pourtant, pour les mêmes garanties, elles paient une prime 12 % plus cher par rapport aux hommes. En une décennie, cet écart a même atteint 24 % chez les jeunes conductrices.

Depuis décembre 2012, la CJCE (Cour de justice des communautés européennes) a interdit toute considération du sexe des conducteurs lors de l'évaluation de leur prime d'assurance. Cette pratique a en effet été jugée discriminante. La décision est donc conforme à la démarche globale visant l'égalité entre les femmes et les hommes.

Toutefois, la politique paritaire appliquée dans le secteur ne semble pas avoir donné les résultats prévus. Ainsi, de 2008 à 2018, les conductrices ont payé 12 % de plus par rapport aux hommes pour un même contrat. Ce phénomène s'explique par le rééquilibrage des primes entraînant ainsi une baisse chez les conducteurs et une hausse chez les femmes.


Projections relativement encourageantes

Le coût d'un contrat d'assurance est généralement évalué en fonction des caractéristiques du véhicule, de l'âge et du profil du conducteur, de ses antécédents de conduite ainsi que des conditions d'utilisation de la voiture (fréquence d'usage, trajets typiques, stationnement, etc.).

Selon Le Parisien, les primes annuelles valent 618 euros en moyenne dans l'Hexagone. Ce montant peut toutefois dépasser 1 000 euros pour les jeunes conducteurs (18 à 25 ans). Par ailleurs, d'après un comparateur d'assurances, le prix des contrats pour les automobiles a progressé de 19 % en moyenne, en dix ans.

En octobre 2018, le marché a affiché une hausse de 1,6 % en un an. Les primes des conducteurs ne devraient, en revanche, connaître aucune augmentation notable en 2020. Cette projection se base entre autres sur :

  • le bilan de la sécurité routière qui s'avère positif cette année ;
  • la libéralisation du marché des pièces détachées ;
  • les effets de la loi Hamon sur la concurrence dans le secteur.

De son côté, le cabinet d'étude Facts & Figures prévoit une progression moyenne située entre 1 et 2 % pour les contrats d'assurance automobile et d'assurance habitation. Ces chiffres ont été publiés dans une étude datant de fin septembre dernier.


Suppression des privilèges des conductrices par souci de parité

En dix ans, les primes d'assurance auto des conductrices qui ont obtenu leur permis depuis moins d'un an ont augmenté de 24 % par rapport à la gent masculine. Pourtant, leur taux d'accidentalité est nettement inférieur à celui des hommes. D'ailleurs, selon des chiffres provenant du BAAC (fichier national des accidents de la route), les décès provoqués par un accident de la route concernent trois fois plus d'hommes que de femmes.

De leur côté, les conductrices plus expérimentées peuvent bénéficier du bonus 50. Ce dernier leur permet d'accéder à un coefficient bonus-malus avantageux et de maintenir le coût de leur assurance au plus bas. Toutefois, elles rencontrent également un problème similaire aux conductrices novices. Sur une décennie, leur prime affiche une hausse de 3 % en moyenne par rapport aux hommes.

D'après les spécialistes, ces chiffres peuvent être expliqués par la suppression de la « moindre sinistralité » attribuée aux femmes dans le système d'évaluation des risques. De ce fait, même si les accidents de ces dernières génèrent des coûts moins élevés, ce sont surtout les hommes qui en profitent. En effet, les points forts des conductrices au volant viennent compenser les lacunes des conducteurs.