Le carburant n’a jamais coûté aussi cher en France que cette année. Le léger repli des prix à la pompe observé en cette fin d’année n’a pas réussi à compenser l’envolée continue subie par les consommateurs depuis le printemps. Aussi bien le gazole que le SP 95 E10 dans les stations restent donc proches des pics historiques atteints à la rentrée.

Des prix à la pompe proches des pics historiques d'octobre malgré une légère baisse

Après une hausse continue aux deuxième et troisième trimestres 2021, les prix appliqués par les stations-service ont littéralement flambé au début de l'automne. Au 15 octobre, les prix respectifs du litre du gazole et du SP 95 E10 étaient de 15 583 € (après 14 477 € en septembre) et 16 358 €.

Pour comparaison, le jour de Noël 2020, le litre de gazole se vendait à 12 673 € en moyenne dans l'Hexagone, contre 13 432 € pour le sans-plomb 95. Cela signifie une augmentation de 24,8 centimes sur un an (+19,6 %). Un automobiliste qui fait un plein de 50 litres doit par conséquent débourser 12,40 € de plus pour son véhicule diesel, tandis que les propriétaires de véhicules roulant à l'essence ont payé un surplus de 24,2 centimes.


Après ces mois de croissance continue, une baisse très modérée est intervenue au cours de la troisième semaine de décembre. Ainsi selon le ministère de la Transition Écologique,

Les stations ont réduit leurs prix de 1,6 centime, soit 15 151 € et 15 853 € respectivement pour ces deux types de carburants.

Il s'agit de leurs plus bas niveaux depuis les pics de début octobre.

Une hausse due à l'explosion du cours du pétrole, conséquence de la crise

Ce mouvement inédit est attribué à l'explosion des cours du pétrole, sachant que la fiscalité est restée inchangée cette année.

En effet, de 50 $ en début 2021, le baril de Brent a atteint 85 $ en octobre. Cet accroissement est dû principalement au rebond économique à travers le monde, qui a entraîné une consommation plus importante de pétrole. La limitation de la production d'or noir par les pays explorateurs a également pesé sur les prix, l'offre étant insuffisante pour répondre à une forte demande.

Afin d'aider les Français à faire face à cette dépense sans affecter l'équilibre de leur budget, le gouvernement a mis en place le chèque inflation. Il faut ajouter à cela la remontée des primes d'assurance auto déjà annoncée par les acteurs du marché pour 2022. De l'ordre de 0,50 % à 1 %, celle-ci est justifiée entre autres par le prix des réparations (+6 % en 2020), en particulier des pièces détachées.

Pour les derniers jours de l'année, alors que la pandémie repart de plus belle avec la propagation du variant Omicron, le cours du Brent est repassé sous la barre des 75 $. Si cette accalmie permet aux automobilistes de souffler un peu, la crise sanitaire n'est pas finie et risque de provoquer encore des remous dans ce domaine.