Entre 2001 et 2019, le parc automobile en Île-de-France a connu une baisse de 3 %. Ce qui a notamment favorisé le départ des garagistes de la région francilienne. À ce facteur s’ajoutent des difficultés dans la mise en œuvre de réglementations environnementales. C’est aussi le cas dans la recherche de personnel qualifié, une forte tension immobilière, etc.

Obligés de se concurrencer dans un marché en constant déclin, les garagistes de la région s'apprêtent à engager certaines révisions. D'après Laurent Giampiccolo, le processus de transformation s'avère brutal. Toutefois, il préfère rester optimiste, souligne-t-il. Le concessionnaire Peugeot à Paris annonce qu'ils ont déjà commencé à proposer de nouvelles offres telles que la location courte durée.

Dans le futur, il se révèle nécessaire d'aller plus loin précise-t-il. Parmi les changements suggérés figure à ce titre la mutation des établissements en véritables boutiques. Le développement entre autres des activités d'entretien pour les deux-roues a également été évoqué.

Relativement à cela, le repli des garagistes franciliens devrait encore s'accélérer à l'avenir.


Réduction du parc automobile

Pareil pour les stations-service qui ne totalisent plus que légèrement plus de 90 points de distribution dans la Ville Lumière, par exemple. Dans les années 1990, l'on en comptait pourtant environ 300. En cause, l'électrification de l'industrie automobile qui favorise l'amoindrissement des dépenses d'entretien des voitures.

Toujours à Paris, l'on ne dénombre plus que 200 garagistes, contre approximativement 450 dans les années 2000. Aussi un retrait de 55 % a-t-il été constaté. Le Conseil national des professions de l'automobile (CNPA) explique que depuis 2017, cette baisse a accentué son rythme. Plusieurs locaux d'anciens concessionnaires auto ont dès lors été transformés en jardin public, salles de sport, magasins d'alimentation, etc.

Les spécialistes estiment que la raréfaction des garages découle de :

  • L'ampleur des investissements requis pour entretenir les voitures à l'électronique en perpétuelle sophistication ;
  • Des difficultés rencontrées dans la recherche de salariés qualifiés ;
  • La pression immobilière ;
  • L'entrée en vigueur des réglementations environnementales, plus complexes à suivre dans des espaces contraints.

À cela s'ajoute la contraction tendancielle de la demande. En effet, le parc automobile en Île-de-France a connu une inflexion de 3 % entre 2001 et 2019. Un phénomène qui s'assortit entre autres d'une diminution des sollicitations de devis d'assurance en ligne.


Illusion d'une augmentation

Dans le Val-de-Marne, ce taux s'élève à 8 % et à 15 % à Paris. Avec la mise en place de la zone à faibles émissions (ZFE) du Grand Paris, aucune amélioration n'est en vue. Adoptée depuis début juin 2021, elle est tenue de bannir de la circulation plus d'une sur dix des voitures existantes.

Pourtant, le dénombrement des sociétés de la filière de la réparation auto affiche une progression soutenue ces dernières années. Les données du CNPA montrent à ce sujet qu'en 2020, celles-ci se sont établies à 6 872, contre 6 182 en 2018. À Paris, l'on a totalisé 3 377 et 3 567 entreprises entre les deux dates. D'après Grégory Decoster, il s'agit d'un faux-semblant d'accroissement. Le responsable territorial du CNPA pour la région parisienne explique :

Cette croissance du nombre de sociétés tient à l'enregistrement d'autoentrepreneurs ou d'intermédiaires ayant une activité entièrement numérique ; des négociants de véhicules d'occasion en ligne ou des points relais carte grise, par exemple.

Il ajoute qu'en revanche :

On observe un net reflux des activités classiques liées à l'automobile, comme les ateliers ou les garages.