La marque au T a équipé chacune de ses usines de montage d’une technologie de moulage sous pression. Un outil à l’égard duquel les autres constructeurs automobiles émettent des avis partagés. Certains mettent l’accent sur ses inconvénients alors que d’autres misent sur ses avantages, au point de penser à l’utiliser prochainement.

Pour la production de ses automobiles, Tesla a recours depuis 2020 à des presses géantes, ayant la taille d'une petite habitation. Cette technologie présente des défauts, selon le président du conseil d'administration de BMW, Oliver Zipse. En novembre 2021, il avait jugé trop conséquents les coûts de réparations de ce dispositif. Mais le CEO du géant allemand avait également critiqué son surcoût, considéré comme démesuré comparativement aux économies effectuées. Pour ces raisons, la firme à l'hélice refuse de fabriquer de tels équipements.

Directeur associé chez Opeo, Michael Valentin ajoute que ces outils conviennent uniquement aux voitures au gros gabarit. En cause, les délais de mise au point requis.


Certains constructeurs s'apprêtent à utiliser l'innovation

Les composants géants sont également presque impossibles à remplacer après un accident, pointe Bertrand Rakoto, consultant chez Drucker à Detroit. Elles ne peuvent être changées ni remises en état, précise-t-il. L'expert poursuit qu'en conséquence, la voiture sera qualifiée d'épave par les compagnies d'assurance auto si ces pièces subissent des dommages.

En revanche, beaucoup de marques, à l'instar de Volvo ou de Mercedes, témoignent d'un grand intérêt pour les giga presses. À ce titre, le géant suédois a indiqué qu'elle exploitera ces dernières d'ici trois ans. Son usine de Torslanda étrennera cette expérience pour ses futures voitures. Son concurrent allemand, lui, a signalé qu'il songe à utiliser des giga pièces de fonderies pour le prototype Vision EQXX. Les jeunes pousses chinoises Xpeng et Nio ont même suivi l'exemple de l'entreprise texane. Elles ont commencé à acheter des presses d'injection de 12 000 tonnes.

D'après le patron de Tesla, ce type de technologie permet de débarrasser la ligne de montage de 300 robots. Le recours à l'aluminium apporte de surcroît plus de légèreté aux véhicules. Pour l'autonomie des voitures électriques, il s'agit d'un avantage déterminant, admet Bertrand Rakoto.

La technologie offre toutefois différents avantages

Pour concevoir ces presses géantes, les ingénieurs de l'enseigne texane ont collaboré durant plus de 12 mois avec Idra Group. La filiale italienne du conglomérat hongkongais LK Technology qui leur sert de fournisseur. Avec cette innovation, le constructeur américain est capable de bâtir l'ensemble de la partie arrière du châssis en une fois. Cette performance est assurée par le versement d'un alliage d'aluminium liquide dans un gigantesque moule. Ce dernier subissant par la suite 6 100 tonnes de pression.

Grâce à cette démarche se crée une seule grande cabine pour la fonderie. À titre de renseignement, la Model 3 était jusqu'à présent fabriquée avec plus de 70 pièces. Michael Valentin précise :

La technologie de moulage sous pression n'est pas nouvelle, mais elle était utilisée jusque-là pour des pièces plus petites, avec des pressions de 2.000 ou 2.500 tonnes. […] Avec ces nouvelles machines, Tesla évite de nombreuses étapes d'assemblage et de soudage, ce qui lui permet de gagner du temps et de réduire les coûts : environ 10 % sur la structure de la voiture.

Actuellement, chaque site de production de Tesla, d'Austin à Shanghai, en passant par Berlin, est doté de ces presses géantes.