La guerre commerciale sino-américaine fait augmenter le prix des Tesla en Chine

Depuis sa création, Tesla ambitionne de produire des voitures 100 % électriques et haut de gamme. Son nom est d’ailleurs un hommage à Nikola Tesla, le célèbre inventeur, reconnu pour ses travaux en électricité et en mécanique. Le constructeur a ainsi cherché à imposer dès le départ une image de pionnier dans le domaine.

Suite au succès des premiers modèles, la marque californienne a obligé tous les autres constructeurs à développer leur propre gamme d’électriques.

Entre temps, elle a traversé des moments difficiles en raison de ses problèmes de production et de livraison. Si Tesla semble finalement avoir trouvé son rythme, l’entreprise se retrouve cette fois-ci victime de la conjoncture.


Relation compliquée avec les administrations

Tesla a été fondée par Marc Tarpenning, Martin Eberhard et Elon Musk. Ce dernier est le plus connu du grand public en raison de sa forte présence médiatique et de son caractère atypique. Son tempérament singulier lui a d’ailleurs coûté sa place de PDG de l’entreprise suite à des démêlés avec le régulateur du marché boursier américain l’année dernière.

La destitution d’Elon Musk a notamment été provoquée par un tweet datant d’août 2018, où il avait annoncé son intention d’émettre les actions de Tesla à partir de 420 dollars l’unité. Il a également affirmé auprès des investisseurs que les capitaux nécessaires à cette opération étaient déjà sécurisés.

Toutefois, ce type de déclaration n’est pas conforme aux règles strictes auxquels sont soumises les sociétés cotées en Bourse aux États-Unis. De plus, ses allégations étaient finalement fausses. Le PDG de l’entreprise a d’ailleurs reconnu peu de temps après que ses propos concernant les fonds sécurisés étaient non fondés.

La SEC (régulateur du marché boursier américain) a ainsi porté plainte contre le dirigeant de Tesla en septembre 2018, notamment pour fraude, et a réclamé sa destitution. En effet, ce type d’annonce est considéré comme une forme de manipulation des investisseurs qui interfère sur le cours normal de la Bourse.


Suite à cet incident, les actions du constructeur ont perdu 20 % de leur valeur. Néanmoins, Tesla et la SEC ont fini par trouver un compromis moyennant le paiement d’amendes. Enfin, Elon Musk a dû céder sa place de PDG à un autre membre du board, Robyn Denholm, en novembre 2018.

Une conjoncture défavorable au constructeur

La valeur du véhicule est un des nombreux paramètres utilisés pour déterminer le montant des primes d’assurance auto. Ainsi, les décisions prises par Tesla sur le marché chinois affecteront nécessairement les assurés dans le pays.

Pour rappel, selon les informations fournies par Reuters, la marque a décidé d’augmenter le prix de ses modèles électriques en Chine à partir du 30 août 2019. Cette hausse a été prévue, au départ, pour compenser la dépréciation de la monnaie locale (le yuan) face au dollar.

Toutefois, le constructeur envisage d’augmenter une seconde fois ses tarifs en décembre en raison de la nouvelle politique douanière chinoise. En effet, les autorités locales comptent appliquer, vers la fin de l’année, des taxes douanières de près de 25 % aux voitures américaines importées dans le pays.

Cette nouvelle mesure a été mise en place en représailles à la hausse des droits de douane sur les produits chinois décidée depuis peu par le gouvernement américain. À travers cette démarche, ce dernier vise à renégocier les accords commerciaux liant les deux pays. Cette hausse concerne directement Tesla, car toutes ses voitures destinées au marché chinois sont importées des États-Unis.

Néanmoins, le constructeur ne devrait plus se retrouver dans cette situation délicate à l’avenir, puisqu’il érige actuellement une usine à proximité de Shanghai.

En attendant, il s’efforcera d’expédier un maximum d’électriques en Chine avant l'application des nouvelles taxes. D’un autre côté, cette dernière pourrait se raviser entre temps, si elle parvenait à trouver un accord avec les États-Unis.