Durant la dernière rentrée, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a présenté l’hydrogène comme la meilleure énergie alternative du moment. Ce coup d’éclat a évidemment interpellé les spécialistes du secteur automobile. Ils se sont même demandé si ce carburant pouvait s’imposer en Europe au cours de la prochaine décennie.

Comparées aux modèles électrifiés, les voitures à hydrogène restent pratiquement invisibles sur le marché des véhicules neufs et de l'assurance auto. Elles sont en effet jusqu'à présent confidentielles en Europe et dans le monde. Pourtant, cette technologie présente un énorme potentiel dans le contexte de transition énergétique actuel.

L'hydrogène est théoriquement plus intéressant que l'électricité, notamment en raison de son abondance à l'état naturel. Toutefois, les pouvoirs publics ont décidé depuis quelques années de miser sur l'électricité pour des raisons écologiques. Ce parti pris a grandement contribué à la négligence du combustible. Depuis peu, ce dernier est revenu au centre des débats.


Une technologie sous-estimée

La grande majorité des constructeurs sont actuellement occupés à rattraper les dégâts du confinement. Cette période a en effet été très dommageable pour leurs chiffres de ventes. En parallèle, les industriels s'efforcent de se conformer aux nouvelles normes de la Commission européenne en termes d'émissions de CO2.

Dans ce contexte, la technologie hydrogène est loin d'être une priorité pour les professionnels du secteur. Le premier producteur d'hydrogène en France, Air Liquide, a récemment noté cette négligence. Par exemple, PSA ne semble pas vraiment s'intéresser à cette technologie. Il en va de même pour Renault qui n'a annoncé qu'un petit projet en la matière.

Dans les deux cas, les Français sont peu enthousiastes à l'avènement de l'hydrogène dans le monde de l'automobile. Les acteurs du secteur considèrent qu'il faudrait plus d'attention de la part des États pour soutenir cette technologie.

Le combustible de l'avenir ?

En 2018, McKinsey et Hydrogen Council ont annoncé un grand bouleversement des transports d'ici 2050. Leur rapport s'est notamment focalisé sur l'avenir hydrogéné des trains, des camions ainsi que des berlines de toutes tailles. En revanche, les véhicules plus petits devraient être épargnés par ce phénomène.

Quoi qu'il en soit, le basculement vers l'hydrogène concerne l'automobile, le chauffage ainsi que la production d'énergie en général. Cette idée contredit évidemment les projections des promoteurs de la technologie électrique.

Pour l'heure, la technologie hydrogène totalise 20 000 voitures dans le monde. 50 % de ces véhicules se trouvent en Asie et 30 % circulent en Californie. Ainsi, l'Europe affiche un retard non négligeable dans ce domaine. De plus, il n'est pas évident de trouver des stations de recharge pour les modèles à hydrogène sur le Vieux Continent. Malgré des efforts notables, l'Allemagne reste en retard.