Confronté à plusieurs freins, dont la pénurie de semi-conducteurs et la crise sanitaire, le secteur automobile français s’effondre. Par rapport à 2019, le nombre d’immatriculations au cours de l’année dernière a diminué de 25 %. Néanmoins, dans ce contexte, le segment des voitures de seconde main se porte très bien.

Le secteur français de la réparation et de la maintenance automobile voit émerger un potentiel de développement en son sein. Il devrait très vite profiter d'une multiplication des voitures d'occasion en circulation après avoir été grandement affecté par le Covid-19. Durant les périodes de confinement, les véhicules circulant se sont amoindris. De ce fait, les besoins en réparation et maintenance ont décru.

Cette perspective de croissance pour le segment découle de l'envolée que connaît le marché automobile de seconde main. Un secteur qui sort revigoré par la crise sanitaire. Selon l'institut d'études Xerfi, il affiche une hausse importante des ventes.

Le segment de l'électrique et de l'hybride essence rebondit notablement

Au cours de l'année dernière, le nombre de véhicules d'occasion écoulé a progressé d'au moins 7 %. Les acheteurs se sont tournés en masse vers ce type de voiture, notamment à cause de la crise du coronavirus. Durant la dernière décennie, le rapport à l'automobile s'est par ailleurs transformé. Un modèle directement sorti de l'usine n'est plus vu comme un accomplissement suprême, surtout pour les jeunes.

Sur les dix années précédentes, l'offre de voitures de seconde main semble également plus compétitive, en qualité comme en quantité. Ce phénomène résulte de l'importante croissance de la location longue et courte durée ces dernières années. Le succès de ces modes de financement soutient en effet énormément le marché de l'occasion.

Ce dernier est devenu d'autant plus attractif que le tarif des véhicules neufs s'est fortement accentué depuis 2010. Pour compenser cette hausse, les acquéreurs sont parfois contraints de chercher une assurance auto pas cher pour couvrir leur voiture.

Poussé par la politique incitative du gouvernement, le segment de l'automobile hybride essence et électrique, lui, se relance considérablement. En 2019, les véhicules hybrides ont capté plus de 5 % de parts de marché. En 2020, ils en ont totalisé environ 15 %.


Le niveau actuel de la filière s'aligne avec celle de 1975

De leur côté, les voitures représentaient 1,9 % des mises à la route il y a deux ans. Aujourd'hui, ce pourcentage a évolué de +4,8 points. Le futur pourrait alors bien résider dans les véhicules essence, hybrides ou électriques si l'État maintient ses aides.

Dans un cadre plus général, le nombre de véhicules mis à la route en 2020 a régressé d'un quart comparé à 2019. D'après le Comité Français des Constructeurs Automobiles, il est passé de 2 millions d'unités à 1,65 million. Même durant les crises de 2000 et de 1990, la filière auto n'avait pas baissé à ce point, commente le syndicat. Elle retrouve en effet le niveau établi en plein choc pétrolier, en 1975.

La raison de cet écroulement tient aux différents obstacles auxquels le secteur a fait face ces derniers mois. Parmi eux, la pénurie de composants électroniques qui a poussé beaucoup de constructeurs à interrompre des sites de montage. D'après les études de Moody, la filière ne devrait pas recouvrer sa situation d'avant-Covid avant 2025.