À partir du 11 mai prochain, la France entamera un processus de déconfinement qui risque de prendre du temps. La restriction des déplacements sera donc levée. Toutefois, il faudra encore prendre certaines précautions pour éviter une seconde vague épidémique de Covid-19. Cette situation pourrait ainsi être avantageuse pour la voiture, la référence en matière de distanciation sociale.

Après le confinement, un engouement soudain pour la voiture relancera rapidement les activités de tous les professionnels du secteur, des constructeurs aux courtiers d’assurance auto. Ce scénario est envisageable vu l’état d’esprit actuel des consommateurs. En effet, ils souhaitent limiter autant que possible les contacts humains sur la voie publique, du moins pour l’instant.

D’autre part, dans le cadre du déconfinement progressif, les transports en commun ne retrouveront pas immédiatement leur rythme habituel. Ils instaureront notamment des mesures sanitaires qui réduiront significativement leur capacité. Les usagers sont donc contraints de basculer vers une autre solution de mobilité pratique et sécuritaire telle que la voiture individuelle.

Relance rapide de la filière automobile en Chine ?

La Chine, pays d’origine de l’épidémie de Covid-19, est actuellement en phase de déconfinement progressif. Depuis la fin de la quarantaine, les observateurs ont constaté une reprise rapide de la production et des ventes dans le secteur automobile.


La voiture est devenue le mode de transport privilégié des consommateurs locaux, notamment pour des raisons sanitaires. Ainsi, le trafic routier dans le pays a significativement augmenté en cette période de post-confinement. En revanche, les transports communs sont délaissés par les habitants et le trafic aérien est deux fois plus faible que son niveau habituel.

Ce phénomène inquiète les défenseurs de la mobilité durable. Les consommateurs risquent en effet de se laisser guider par leurs préoccupations sanitaires, au détriment des efforts réalisés jusqu’à présent dans la transition écologique.

Par ailleurs, cette tendance risque d’accélérer la dégradation de la qualité de l’air dans les villes et de menacer la santé des habitants à peine remis de l’épidémie.

Les spécialistes tiennent toutefois à tempérer les inquiétudes à ce sujet. En effet, la Chine est un marché particulier composé essentiellement de voitures dont la moyenne d’âge est inférieure à 5 ans. Le potentiel d’achat y est ainsi réduit.

Par ailleurs, l’arrêt du secteur durant le confinement influe sur les chiffres enregistrés à la reprise. Selon le fondateur du cabinet d’expertise Autoways, Éric Champarnaud :

Il y a un phénomène de mirages avec les commandes prises avant le confinement et qui constituent uniquement un rattrapage de ce qui n'a pas été livré pendant le gros de la crise.

Un contexte intéressant pour les constructeurs

Avant la pandémie, les Franciliens étaient plus de 5 millions à utiliser les transports en commun au quotidien. La capacité de ces moyens de déplacement sera toutefois limitée à 20 % durant la première phase du déconfinement. Ainsi, des millions d’usagers seront obligés d’opter pour une nouvelle solution de mobilité.


En effet, levée du confinement ne signifie pas relâchement des mesures sanitaires, surtout dans les espaces publics. Les opérateurs des transports collectifs devront ainsi prendre des dispositions pour respecter ces règles. Toutefois, la situation se révèle plus que problématique dans la pratique.

Dans une newsletter récente, 15marches, une agence de conseil en innovation, a noté :

Les 4,3 millions de Franciliens qui ont un Pass Navigo pourront-ils se passer de leur mode de déplacement ? Le métro accueillait souvent plus 4 personnes par m²… Combien faudra-t-il de capacité supplémentaire pour faire respecter une distanciation, disons, de 1 personne par m² ?

Dans ce contexte, les fabricants automobiles disposent d’un atout non négligeable avec leurs produits permettant de se protéger du monde extérieur et des contacts. Par ailleurs, les consommateurs ont pu faire des économies, même contre leur volonté, en raison des conditions particulières du confinement.

Ils sont ainsi plus susceptibles de se lancer dans l’achat d’une nouvelle voiture à la fin du confinement. Il s’agit ainsi d’une opportunité intéressante pour préparer des offres promotionnelles.

Cependant, une autre réaction possible consisterait à éviter les dépenses en raison de l’incertitude de la période post-crise. Quoi qu’il en soit, les professionnels de l’automobile peuvent encore espérer un soutien de la part des autorités pour limiter l’impact de la pandémie sur leur activité.