Les acteurs du secteur assurantiel font aussi preuve de solidarité durant la crise sanitaire induite par la propagation du Covid-19 en France. La Maif, par exemple, a décidé de reverser les économies réalisées à ses sociétaires. Ces derniers ont la possibilité de dépenser la somme reçue pour subvenir aux besoins de leur famille ou réaliser des dons.

En cette période de confinement, les assurés déclarent moins d'accidents de la route. Ainsi, les assureurs ont l'occasion de réaliser des économies. La Maif a souhaité en faire profiter ses adhérents. Ce geste motivé par la volonté de lutter contre la pandémie de coronavirus a été salué par les salariés de l'organisme mutualiste basé à Niort.

Les autres fournisseurs d'assurance auto suivront-ils son exemple ? La directrice de la communication de la Fédération française de l'assurance (FFA), Armelle de Selancy, précise que leurs décisions seront fonction de leur mode de gouvernance. Elles dépendront aussi des catégories de clients qui composent leur portefeuille.

Une régression des sinistres permettant d'économiser 100 millions d'euros

La Maif assure 3,6 millions de voitures, soit environ 2,8 millions de membres. Elle accapare de ce fait près de 9 % de parts de marchés en termes de couverture automobile, comme le confirme son président, Dominique Mahé.


L'organisme mutualiste s'apprête à restituer plus de 100 millions d'euros d'économies aux adhérents qui ont contracté une assurance auto chez elle. La somme perçue par véhicule couvert équivaudra à 30 euros environ. Les économies annoncées se basent sur des estimations.

L'assureur a prévu une diminution de près de 80 % des sinistres liés aux accidents de la route. Selon lui, les impacts du confinement se manifesteront sur deux mois environ.

La somme rendue aux sociétaires correspond à peu près au résultat net annuel du groupe. En 2018, ce dernier a engrangé 127 millions d'euros de bénéfices.

Des valeurs mutualistes qui ne profitent pas seulement aux adhérents

L'élan de solidarité de la Maif se conforme à sa vision mutualiste. C'est ce que précise celui qui préside le groupe niortais. D'ailleurs, ce dernier suggère à ses adhérents de distribuer l'argent qui leur aura été versé sous forme de dons. Ils peuvent notamment l'offrir au Secours populaire, à l'Institut Pasteur ou aux représentants des établissements hospitaliers.

Actuellement, les soignants ne disposent pas d'assez d'équipements pour se protéger. De plus, ils font face à une pénurie de matériel indispensable pour soigner les patients.

La décision de la mutuelle spécialisée dans la protection des associations et des particuliers a été communiquée le 2 avril dernier. Elle n'a pris que quelques jours pour la prendre (le week-end qui a précédé l'annonce). De même, il ne lui a pas fallu longtemps pour convaincre son conseil d'administration (le 1er avril).