Le nombre d’immatriculations en France pourrait s’arrêter autour de 1,55 million cette année. Un chiffre jamais vu depuis 45 ans, et qui relate une chute spectaculaire sur le marché de l’automobile. Le secteur a été mis à mal par la crise du coronavirus et les mesures l’accompagnant. Les conséquences risquent de se répercuter sur les salariés, avec 60 000 postes menacés.

En mai dernier, le gouvernement a proposé des aides publiques au secteur automobile qui se chiffrent à 8 milliards d'euros. Ceci, en complément des prêts que l'État couvre. Cependant, cette initiative ne semble pas avoir suffi, et le marché des voitures accuse une baisse importante.

Au vu de la situation, avec les confinements, on estime ainsi à 1,55 million le nombre d'immatriculations pour l'année 2020. Il s'agit du chiffre le plus bas que le marché de l'automobile français ait connu depuis 1975. Pourtant, les conséquences pourraient ne pas s'arrêter là. Les emplois et les secteurs en lien avec ce secteur comme l'assurance auto sont aussi menacés.


60 000 postes concernés

Certains constructeurs n'ont pas tardé à communiquer les mesures prises pour l'emploi. Chez Renault, 4 600 postes seront supprimés en France selon le communiqué du fabricant paru fin mai 2020. PSA, quant à lui, a annoncé l'arrêt de son équipe de nuit à Rennes. La suspension concerne 500 salariés en CDD et intérimaires.

En tout, 60 000 emplois seraient menacés sur les 400 000 que regroupe le secteur selon les industriels. Ces chiffres ont été avancés lors de la rencontre avec le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, le vendredi 6 novembre dernier. C'est la raison pour laquelle les constructeurs automobiles ont demandé la réouverture des concessions dès le 12 novembre.

En effet, malgré les assouplissements, l'impact du reconfinement reste important, sans parler des conséquences subies suite au premier confinement.

En octobre 2020, 171 049 véhicules ont été immatriculés, soit une baisse de 9,5 %. Selon les prévisions, le marché devait subir un recul de 25 % par rapport à 2019. Ainsi, les chiffres étaient déjà au plus bas avant l'annonce du reconfinement. Les nouvelles restrictions ont creusé davantage l'écart.

Début novembre, une baisse de 70 à 90 % des commandes a été constatée suite à la fermeture des concessions. En moyenne, 4 200 unités ont été vendues contre 9 000 généralement. Sur le mois, les prévisions annoncent moins de 90 000 immatriculations.


Une baisse de 30 % prévue pour l'année 2020

Pour l'heure, les activités dans les ateliers et les ventes de pièces détachées sont maintenues. Les concessions doivent, pour leur part, organiser les livraisons sur rendez-vous. Ces mesures d'assouplissement permettent d'éviter un effondrement du marché d'après le président de la Plateforme automobile (PFA), Luc Chatel.

L'impact reste toutefois notable et la situation ne risque pas de changer en décembre 2020, bien que le dernier mois de l'année ait été satisfaisant en 2019. En effet, la baisse du bonus et des primes à l'achat d'un véhicule électrique ou hybride a été reportée. Les clients pourront ainsi remettre leurs achats à plus tard.

Par ailleurs, les ventes « tactiques » organisées par les constructeurs ne connaîtront plus autant de succès. En effet, la moyenne du taux d'émissions de CO2 a été presque atteinte. Dès lors, il n'est plus nécessaire d'immatriculer les véhicules polluants en attendant les nouvelles normes.

Les conséquences risquent ainsi d'être lourdes pour la filière automobile qui est pourtant essentielle à l'économie française. Une baisse de 30 % est prévue en 2020 par rapport à l'année dernière durant laquelle 2,21 millions d'immatriculations ont été enregistrées.