Le marché automobile européen affiche un recul de 8,4 % en août 2019. Cette baisse vient essentiellement d'une comparaison défavorable par rapport aux résultats de l’année dernière. En effet, sur cette même période, les immatriculations ont artificiellement augmenté en 2018 en raison de la modification des normes d'homologation en matière d’émissions polluantes.

En août dernier, les ventes du groupe Renault (Renault, Dacia, Lada et Alpine) en Europe ont chuté de 23,6 % par rapport à l’année dernière, d’après les chiffres de l’ACEA (Association des constructeurs européens d'automobiles). Les livraisons de PSA ont également reculé de 5,1 % pour l’ensemble de ses marques – Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall.

Près de 1,042 million de véhicules de particuliers neufs ont été immatriculés au sein de l'Union européenne sur cette période, soit environ 100 000 unités de moins par rapport à août 2018.

Malgré le ralentissement du marché automobile mondial, cette chute s’explique surtout par une base de comparaison exceptionnellement élevée avant l’échéance WLTP.


Une tendance hétérogène

Outre ses constats pour le mois d’août, l'ACEA a récemment publié les résultats de juillet de cette année. Ces chiffres montrent une légère hausse de 1,4 % dans le secteur. Toutefois, le marché automobile européen continue de reculer de 3,2 % depuis le début de l’année, avec 10,5 millions de véhicules immatriculés.

Les ventes de Toyota en août ont augmenté de 0,1 %, pour 4,9 % de parts de marché. Selon les experts, le constructeur nippon continue de récolter les bénéfices de son pari innovant et risqué sur les hybrides.

Désormais, la demande pour ce type de véhicule est en forte hausse en raison des mesures contre les émissions de CO2 et de l’abandon progressif du diesel.

Nissan, en revanche, poursuit son inexorable chute en affichant une baisse de 47,3 % en août par rapport à l’an dernier. Après avoir misé sur des ventes peu rentables, la marque revoit sa stratégie et revient à une politique commerciale sélective. Désormais, elle réalise deux fois moins de livraisons que Toyota sur le marché européen.

Fiat Chrysler Automobiles (FCA) affiche également une tendance à la baisse. Les ventes du constructeur ont reculé de 26,6 % en août pour toutes ses marques, dont Jeep et Alfa Romeo. De son côté, Ford semble regagner du terrain en Europe, avec une hausse de 2,3 %. La part de marché de la marque se stabilise ainsi à 6,1 %.


Enfin, les constructeurs premium allemands se portent assez bien. Les immatriculations pour BMW et Mini ont baissé de 5,4 % en août, mais leurs volumes restent assez stables depuis janvier. Contrastant légèrement avec la tendance actuelle, Daimler (Mercedes et Smart) affiche une hausse notable de 23,2 %. En 2019, le constructeur a réalisé jusqu’ici une progression de 3,9 %.

Les grands groupes en tête

La position d’un constructeur sur le marché a souvent des répercussions sur son succès dans tous les secteurs connexes, comme les pièces détachées ou l’assurance auto. Avec sa part de marché atteignant les 24,8 % (-0,4 point), le groupe Volkswagen domine le classement des immatriculations de véhicules neufs en Europe pour les huit premiers mois de l’année.

Durant le mois d’août, ses ventes ont baissé de 7,7 %, soit assez près de la moyenne. Ce recul vient surtout de ses marques phares :

  • Volkswagen et ses -13,7 % ; 
  • Porsche et ses 
  • 17 % ; - Audi et ses -8,3 %.
En revanche, Seat a seulement reculé de -1 % et Skoda a même progressé de 5,7 %.

Le groupe français PSA se retrouve en seconde position en Europe juste après son rival allemand, en dépit de ses résultats négatifs en août dernier. Depuis le début de l’année, sa part de marché a augmenté de 0,5 point pour se stabiliser à 16,4 %, soit environ une immatriculation européenne sur six.

La performance de PSA vient entre autres du succès de ses nouveaux modèles Citroën, tels que la C3 et le SUV C5 Aircross.


Le groupe Renault, pour sa part, traverse des moments difficiles. À tel point que la marque éponyme a reculé de 38,2 %. Seuls les bons résultats de Dacia (+7,8 %) ont permis d’amortir la chute du groupe. Après avoir perdu 0,2 point depuis janvier, le constructeur affiche désormais 10,7 % de parts de marché.

Le groupe coréen Hyundai (Hyundai et Kia) décroche la quatrième position et se rapproche du podium. Il n’affiche qu’un léger recul de 2,5 % en Europe. Ses marques représentent ainsi 6,6 % (+0,2 point) des nouvelles immatriculations depuis le début de l’année.