Au mois d’août dernier, les ventes de voitures particulières en Inde ont baissé de 41 % comparativement à l’année dernière. Il s’agit du plus important recul enregistré depuis 20 ans. En cause, la crise bancaire qui sévit dans le pays ainsi que les mutations opérées pour se conformer aux nouvelles normes en vigueur. Ce repli serait néanmoins périodique.

La chute du marché automobile indien observée cette année est réellement surprenante. En effet, l’an dernier, le secteur enregistrait encore une croissance des immatriculations de véhicules neufs de 4 % (3,33 millions de voitures).

Ce qui lui a d’ailleurs valu la place de cinquième marché mondial dans le secteur automobile. Les experts prévoyaient alors une amélioration du positionnement de l’Inde qui était bien partie pour devenir le numéro trois mondial d’ici 2021, surpassant ainsi le Japon.

Cette projection a toutefois été contredite par les résultats relevés en août dernier. Néanmoins, les spécialistes assurent que cette crise est passagère et que les ventes reprendront prochainement.


Une reprise possible d’ici 12 mois

Les experts du marché automobile indien ont tenu à rassurer les constructeurs et les acteurs du secteur. Selon eux, il s’agit d’une crise cyclique et les ventes reprendront d’ici 12 à 18 mois. Une prévision partagée qui semble être partagée par les constructeurs.

PSA, par exemple, a décidé de maintenir sa feuille de route originelle, dans lequel le groupe prévoit de commercialiser son SUV C5 Aircross sur le marché indien d’ici la fin de l’année prochaine.

Renault, pour sa part, profite de la conjoncture pour élaborer une nouvelle stratégie. La marque envisage ainsi de renforcer son implantation sur les marchés ruraux. Pour ce faire, elle compte notamment sur la Renault Triber, présentée au public mi-juin dernier, et qui a été spécifiquement développée pour l’Inde.

Selon Shivanshu Gupta, du cabinet McKinsey, les constructeurs qui œuvrent dans ce pays doivent se préparer à la fluctuation de son marché en développant une approche cyclique. À cet égard, ils doivent également préserver leur budget pour la Recherche & Développement afin de ne pas être pris au dépourvu au moment où le marché reprendra.

Il faut savoir que la crise actuelle résulte de l’évolution des normes de sécurité et environnementales que les constructeurs sont tenus de respecter.

À ceci s’ajoute l’augmentation du prix des matériaux de construction. Bien que les effets de ces changements puissent durer pendant quelques mois, les promesses de croissance restent inchangées, selon les experts du marché.


Les répercussions d'une crise bancaire

La crise des liquidités en Inde, due aux actifs non performants, se trouve également à l’origine du recul de son marché automobile. Les crédits octroyés par les banques contribuent au financement de 60 % des deux-roues et des véhicules commerciaux dans le pays.

Le secteur automobile se trouve donc nécessairement affecté par le dysfonctionnement du système bancaire, avec une chute qui perdure depuis 10 mois. Son impact pourrait d’ailleurs atteindre le marché de l’assurance auto, en raison de la baisse des livraisons.

Les constructeurs n’ont donc pas hésité à solliciter l’aide du gouvernement afin de redynamiser les ventes. En réponse, celui-ci a annulé l’interdiction d’achat de véhicules neufs pour les administrations publiques. Avec cette mesure, le gouvernement espère pouvoir relancer la croissance dans le secteur, en comptant également sur la Fête des Lumières, qui se déroulera ce mois d'octobre et qui est très favorable aux ventes.

La relance sera nécessaire tant pour le marché des véhicules utilitaires que pour celui des deux-roues, tous affectés par cette crise. L’ensemble des constructeurs présents sur le marché indien en sont également touchés, même Maruti Suzuki qui détient 50 % de parts de marché. En septembre dernier, le groupe a dû faire face à un chômage technique durant deux jours au sein de deux de ses usines.