En dépit de l’effondrement de la production, les fabricants de voitures sont parvenus à conserver leurs profits. Toutefois, les fournisseurs et les équipementiers enregistrent des marges de manœuvre largement plus petites. Néanmoins, ils endurent la situation de manière différente. Les plus exposés portent sur les entreprises spécialisées dans les pièces dédiées aux moteurs à combustion interne (essence ou diesel).

Dans l'industrie automobile, Laurent Favre observe un déséquilibre important sur la chaîne de valeur de celle-ci. De plus, ce problème s'accentue, indique le DG de Plastic Omnium. Les fabricants constituent ceux qui suscitent le moins de compassion. En effet, ils ont bénéficié d'une offre inférieure à la demande pour retomber l'inflation sur les consommateurs. Ils ont même étendu leurs marges en appliquant de nombreuses hausses tarifaires en 2021.

La situation semble la plus difficile pour les sociétés positionnées sur les pièces de moteurs diesel ou essence. Pour leur survie, elles sont contraintes de procéder à une reconversion à moyen terme. Pour les grands équipementiers, l'équation s'avère plus simple.


Les factures d'énergie s'alourdissent

Pour information, ils doivent généralement respecter les termes des contrats. Au bout du compte, les fournisseurs de rang 3 ou 2 sont, quant à eux, serrés entre :

  •  L'augmentation des coûts ;
  •  La faiblesse des volumes.

Conscient de ces complications, l'Exécutif échafaude actuellement un nouveau plan de soutien pour les équipementiers. Pendant une audition au Sénat deux semaines plus tôt, le ministre de l'Économie a partagé cette information.

Concrètement, depuis de longs mois, les coûts de production se sont intensifiés. À l'image des tarifs des matières premières, ceux de l'énergie se sont accentués. En Europe, le surcoût comparé à août 2019 atteint 2 300 euros, d'après une étude dévoilée en septembre 2021.

Dans le même temps, les fabricants de voitures geignent de la visibilité extrêmement basse qu'ils détiennent. Un problème qui les pousse à suspendre subitement les chaînes d'assemblage et qui affectera donc les compagnies d'assurance voiture.

Le déficit de la filière se creuse

Leurs équipementiers se révèlent cependant encore moins bien lotis. Le « stop-and-go » retombe sur leurs usines, avec des excédents de stock qui augmentent constamment. En cause l'organisation du secteur qui repose sur la méthode du juste à temps.

Dans ce contexte, l'équipementier Faurecia a dévoilé le 29 novembre dernier le deuxième avertissement sur résultats en deux mois. D'après ce document, l'industrie automobile passe aujourd'hui des moments compliqués. Plus important encore, les sociétés les moins fortes n'en sortiront pas intactes. À ce titre, la filière endure en même temps une :

  • Envolée des coûts de production ;
  • Pénurie de composants électroniques.

Les professionnels s'attendaient à ce que les obstacles dans le ravitaillement en semi-conducteurs disparaissent. Au contraire, ils se sont intensifiés après la saison estivale. Entre septembre-novembre 2021, le cabinet IHS Markit a évalué la production attendue sur le Vieux Continent au second semestre. Il a alors évoqué une diminution de 13 %. Ce qui représente un déficit de 1 million de voitures en plus.