En Allemagne, le marché automobile a affiché une baisse à deux chiffres au niveau des nouvelles immatriculations en mars 2022. Et d’après les constats, cette tendance s’est poursuivie jusqu’en mai dernier. Non pas sans raison puisque le dynamisme du secteur est lesté par des obstacles de taille selon la VDA.

Dans la première économie européenne, les nouvelles souscriptions à une assurance voiture sont sur une tendance baissière depuis janvier 2022. Et en y regardant de près, force est de constater que ce phénomène est en lien direct avec la baisse du nombre de véhicules neufs vendus sur le marché automobile.

C'est du moins, le point de vue de la fédération des constructeurs allemands VDA mettant en exergue les données chiffrées pointant dans ce sens dans un rapport publié récemment. La note indiquant que les nouvelles immatriculations ont affiché une forte baisse sur la période de mars à mai 2022.

Les difficultés dans les chaînes d'approvisionnement internationales y seraient pour beaucoup. Mais pas seulement puisque d'autres facteurs se sont ajoutés à liste.


Une filière lestée par de nombreux facteurs

En Allemagne et un peu partout dans le monde, la filière automobile traverse une période difficile depuis l'apparition du Covid-19. Et aux dernières nouvelles, tout porte à croire que le secteur allemand continue d'en subir de plein fouet les conséquences pour permettre à Peter Fuß de dire que :

L'industrie automobile reste dans sa pire crise de production d'après-guerre.

En effet, cet analyste rattaché au cabinet EY estime que la filière est confrontée à des obstacles majeurs lestant son dynamisme. À commencer par les impacts de la crise sanitaire se manifestant essentiellement à travers :

  • La pénurie de matières premières ;
  • L'approvisionnement en pièces détachées.

Les facteurs expliquant les difficultés dans les chaînes d'approvisionnement internationales constatés depuis 2020 selon la VDA indiquant que le conflit russo-ukrainien n'est pas pour arranger les choses en faisant valoir dans un communiqué que :

Le marché et la production restent limités par un manque en pièces détachées et produits de base, des prix élevés des matières premières et une incertitude générale liée à la guerre en Ukraine.

Et comme si cela ne suffisait pas, les analystes ont également indiqué que le retour en force de la pandémie en Chine est venu renforcer ces gênes en engendrant :

  • Une tendance haussière au niveau des prix ;
  • Un nouveau cycle de perturbations des chaînes d'approvisionnement.

Les impacts se font lourdement sentir

Face à ces nombreux obstacles, la filière automobile allemande traverse certes l'une des périodes les plus difficiles de son histoire. Et les impacts se font lourdement sentir selon la VDA mettant en avant les indicateurs permettant de tabler sur un aboutissement aussi peu encourageant.

Au niveau de la production par exemple, la performance enregistrée jusqu'ici est encore loin d'égaler celle enregistrée sur la période d'avant-crise étant donné l'écart de 34% constaté sur les cinq premiers mois de 2022.

Même son de cloche du côté des nouvelles immatriculations affichant une baisse de 33% par rapport en 2019 et de 9% en comparaison au nombre de ventes constaté sur la saison 2021. Soit, 1 million d'unités vendues entre janvier et mai 2022.

Dans les détails, l'Agence fédérale pour l'automobile a fait savoir que cette dégringolade s'est essentiellement manifestée depuis le troisième mois avec une chute de :

  • 17,5% en mars ;
  • 21,5% en avril ;
  • 10,2% en mai.

Ainsi, sur cette période, seules 207 199 voitures neuves ont trouvé preneur en Allemagne si 792 801 ont été vendus entre janvier et février. Et la situation aurait pu être pire sans les voitures électriques qui ont fait figure d'exception en affichant une croissance 8,9% depuis le début de l'année pour leur permettre d'élever leur part dans les nouvelles immatriculations à hauteur de 14,1%.