L’objectif de ce projet d’aides est de promouvoir les véhicules à faible émission. Il n’est cependant pas équitable selon les constructeurs étrangers. En effet, les autorités américaines prévoient d’accorder des primes supplémentaires aux véhicules assemblés par les salariés syndiqués. Une mesure qui favoriserait les constructeurs du « Big Three ».

L'adoption définitive du programme avancé par le gouvernement américain n'a pas encore eu lieu. En attendant, il a déjà suscité de vives réactions de la part des constructeurs étrangers. En effet, le plan qui devait promouvoir les véhicules électriques tend à instaurer une concurrence déloyale. En effet, les constructeurs allemands et asiatiques le perçoivent comme telle. Le Canada et le Mexique s'opposent également au projet. Ils ont le soutien des acteurs comme Elon Musk, qui n'ont pas adhéré au programme. Le Canada et le Mexique prévoient même des mesures contraignantes pour les États-Unis en l'absence d'une initiative de sa part.

General Motors, Stellantis et Ford avantagés

Ce plan de relance qui fait actuellement débat a été baptisé « Build Back Better » par le gouvernement américain. Son objectif est d'arriver à une conduite à zéro émission. Pour cela, les autorités projettent de verser une prime allant jusqu'à 12 500 dollars pour l'achat d'un véhicule électrique. Les modèles équipés d'une batterie fabriquée aux États-Unis ou assemblés par des salariés syndiqués sont toutefois avantagés. Les premiers auront droit à un bonus de 500 dollars


. Pour une voiture dont l'assemblage a été effectué par des ouvriers syndiqués, le propriétaire a accès à 4 500 dollars supplémentaires .

Cette mesure a suscité l'indignation de plusieurs acteurs sur le marché. Elle favoriserait en effet trois géants américains, que sont General Motors, Stellantis et Ford. Ces acteurs disposeraient ainsi d'une longueur d'avance sur le marché bien que les tarifs soient identiques pour l'assurance voiture.

Le patron de Tesla, Elon Musk, a fait part de son désaccord il y a quelques jours. Pour lui :

Le gouvernement doit être un arbitre et non pas un joueur sur le terrain.

Il s'est aussi attardé sur la subvention de 7,5 milliards de dollars dédiée aux installations de recharge. Elle ne serait nécessaire.

Des modifications attendues

Toyota voit, pour sa part, une injustice dans ce plan de relance. Pour le constructeur japonais, la mesure offre de réelles opportunités aux trois géants américains. Elle demanderait aux consommateurs de s'acquitter de 4 500 dollars supplémentaires s'ils choisissent une marque concurrente.

Ola Källenius, à la tête de Mercedes et Daimler, parlent, quant à lui, d' une entrave à une concurrence libre et loyale . En effet, Stellantis, Ford et General Motors disposent d' un taux de syndication élevé depuis plusieurs années. La situation est tout autre pour les constructeurs allemands et asiatiques ayant leurs usines d'assemblage dans les États du Sud. Pour rappel, Stellantis y est présent par l'intermédiaire de Jeep et Chrysler.

À la demande de l'Allemagne, la Commission européenne a demandé aux élus américains de revoir les textes. Le Canada et le Mexique, qui partagent leur zone douanière avec les États-Unis, envisagent de taxer ses marchandises si aucune mesure n'est prise.