Prendre un taxi est plus avantageux que conduire en Russie

Selon la HSBC, s’il roule moins de 5 388 km par an, un conducteur russe découvrira dans dix ans qu’il aurait dû prendre le taxi tout ce temps. En effet, dans ce cas, la somme des courses se révèle moins chère que les prix d’achat et d’entretien d’une voiture. Ce seuil est évalué à 2 731 km en Inde, contre 1 102 km aux États-Unis et 811 km en Allemagne.

Pour chaque pays, les calculs de la HSBC se basent notamment sur le prix d'une Toyota Camry, le coût du carburant et de l'entretien de la voiture ainsi que les tarifs moyens de taxis et les salaires médians des consommateurs.


Une demande importante dans le pays

En Russie, les transports publics ne permettent pas réellement de répondre aux besoins de mobilité de la population, et ce, dans de nombreuses régions. Les bus de nuit, par exemple, sont relativement rares, voire inexistants dans certaines zones.

Dans d’autres villes, il n’est plus possible de prendre les transports en commun au-delà de 23 heures, ou même 22 heures. De ce fait, la demande en matière de taxis est en forte hausse dans les grandes agglomérations. Les acteurs du secteur se mettent donc à baisser continuellement les prix pour rester compétitifs.

Par ailleurs, comme l’indique le directeur général adjoint pour la stratégie à CityMobil, Alexander Gorny :

« Ce qui stimule cette réduction des prix, c'est l'augmentation du nombre de courses et des temps de ramassage plus courts. Le chauffeur a donc moins de périodes creuses et passe plus de temps avec les clients ».

Enfin, 45 % des Russes ont une application dédiée aux services de taxis sur leurs téléphones. Cette tendance témoigne de la place de ce mode de transport au quotidien dans le pays. Seuls le Mexique et la Chine devancent la Russie dans le domaine, avec respectivement 56 % et 51 % d’utilisateurs de ces services sur l’ensemble de la population.


D’un autre côté, l’offre commence à s’aligner sur la demande, autant par la forme que par le volume. En effet, après l’arrivée d’Uber en 2013, de nombreuses entreprises ont développé leur propre application. Par ailleurs, le pays dispose de plusieurs plateformes comme Yandex.Taxi ou Gett. Dans les deux cas, les clients comme les chauffeurs sont réellement satisfaits des services et de la tarification.

Des coûts avantageux par rapport aux voitures personnelles

Grand allié des Français, le comparateur assurance auto donne aux consommateurs la possibilité de trouver les tarifs et les garanties les plus intéressants sur le marché dans le cadre de l'assurance auto. Les automobilistes pourront ainsi réduire les dépenses liées à leurs véhicules.

En Russie, cette astuce ne permet pas de compenser le coût réel de la voiture, incluant son prix d’achat, son entretien, le carburant, etc.

Selon les calculs de la HSBC, les trajets en taxi coûtent en moyenne 130 roubles (1,80 euro) en Russie. Ce tarif atteint près de 350 roubles à Moscou, soit 4,84 euros. Les courses dans la capitale sont généralement plus chères. Néanmoins, les tarifs moyens pratiqués aux États-Unis sont 75 % plus élevés.

Cette tarification s’explique par l’ajustement des prix des courses aux salaires moyens des Russes. Les voitures, en revanche, ne suivent pas la même logique. D’ailleurs, les prix dans le secteur ne cessent d’augmenter en raison de la hausse continue des tarifs au niveau des douanes.


Ainsi, le consommateur moyen russe devra, par exemple, économiser trois fois plus longtemps qu’un salarié américain pour acquérir une Toyota Camry. Selon les analystes de la HSBC :

« En Russie, les prix des taxis sont proportionnels aux salaires, ce qui est loin d'être le cas des voitures. C'est ce qui explique la situation actuelle ».

L’écart de prix avec les voitures personnelles tend également à se creuser en raison de divers facteurs stimulant la concurrence dans l’univers des taxis. D’une part, l’État n’opère pas dans le secteur. D’autre part, tout le monde, ou presque, peut devenir chauffeur de taxi. De ce fait, les tarifs continuent de baisser.