En 2021, la France a accusé un déficit d’environ 85 milliards d’euros en termes de commerce extérieur. La filière électronique et informatique est la première concernée pour les produits made in France. Son solde affichait -20,6 milliards d’euros pour l’an dernier. Elle est suivie du secteur auto qui affiche le pire score jamais connu.

Du jamais-vu dans l'histoire du commerce extérieur de véhicules français. Le pays affiche un déficit de 18 milliards d'euros en 2021. Ces données ont été publiées au début du mois de février par le gouvernement. Il s'agit d'une perte de 2,5 milliards de plus par rapport à 2019 et 2020. Bien qu'inférieurs à ceux de 2021, les chiffres pour ces deux années dépassaient déjà les 15 milliards d'euros.

Cette baisse de performances de l'industrie automobilise a commencé bien avant la crise de 2021. Excédentaire de 12,3 milliards en 2004, son déclin a commencé en 2010. En effet, le solde négatif s'est élevé à 3,7 milliards d'euros cette année-là.


La délocalisation des voitures au cœur du problème

Sur les 18 milliards de perte, 15,4 sont enregistrés dans la production de voitures. Le reste, soit plus de 2,5 milliards d'euros, sont attribués aux équipements. La délocalisation des voitures peu imposantes contribue singulièrement à ce déclin. À titre d'exemple, la Slovaquie se charge de l'assemblage de la Peugeot 208 II et produit la Citroën C3. La Turquie et la Slovénie, quant à elles, conçoivent la Clio V du groupe Renault.

La délocalisation est surtout motivée par le coût de l'heure de travail en France. D'après Rexecode, il s'élève à 38,7 euros sur le territoire tricolore. Or, en Slovaquie, il est de 14 euros. La Roumanie, elle, propose même 6,6 euros l'heure. Selon la Fédération des équipementiers, la main d'œuvre constitue 22 % à 27 % des charges pour la conception d'une automobile. Ce qui peut avoir un impact sur le montant des véhicules, mais aussi de leur assurance auto.

La production en chute libre

En 2020, la construction d'automobiles françaises a chuté de 40 %. Ce chiffre, semblable à celui du début des années 1960, équivaut à plus de 1,3 million d'automobiles. L'an passé, le nombre de voitures produites en France a augmenté de 8 %. Le pays n'a toutefois pas pu mettre sur le marché plus de 1,5 million de véhicules.


L'Hexagone a même les plus mauvais chiffres sur le Vieux Continent. En effet, au fil des années, l'Hexagone a réduit de deux-tiers sa production. Ces résultats sont loin des exploits réalisés 17 ans auparavant.

Les efforts de Paris sur la politique de voiture propre n'ont pas changé la donne. En effet, assembler une automobile électrique en France revient tout de même à céder près de 40% de la plus-value. Ces chiffres reviendront au continent asiatique, la Chine plus particulièrement. Pour cause, l'Europe ne dispose pas d'usine qui fabrique des batteries.