Le nombre d’immatriculations en France a baissé de 13,44 % en janvier dernier par rapport à la même période en 2019. Ces chiffres ont récemment été publiés par le CCFA (Comité des constructeurs français d’automobiles). Ainsi, les ventes de voitures neuves ont effectivement chuté suite à l’application de la nouvelle grille de malus et des normes antipollution.

La tendance à la baisse constatée actuellement a été anticipée depuis des mois par tous les acteurs du secteur automobile, des constructeurs aux concessionnaires. Les professionnels de l'assurance auto ne sont pas en reste. Le patron de PSA, Carlos Tavares, a même prévenu des risques élevés de faillites cette année lors d'une interview accordée à Bloomberg TV.

En tout, 134 232 voitures ont été immatriculées en janvier dernier, ce qui traduit un recul de 13,44 % comparativement au même mois en 2019. Ainsi, les données révélées par le CCFA tendent à confirmer les prévisions des experts concernant l'impact des nouvelles mesures trop contraignantes sur l'industrie automobile.

Des normes favorables aux modèles électrifiés

En janvier dernier, les voitures électriques représentaient 8,2 % des immatriculations, soit 10 952 unités. Pourtant, leur part dans les ventes ne s'élevait qu'à 2 % sur la même période en 2019. Les hybrides rechargeables sont aussi de plus en plus plébiscitées. En effet, ces modèles représentaient 2,8 % des nouvelles immatriculations au début de cette année, contre 0,7 % en janvier 2019.


En dehors de ces deux segments, la tendance dans le secteur automobile est globalement à la baisse. Ce phénomène est particulièrement remarquable sur de grands marchés tels que la Chine ou les États-Unis. Les constructeurs s'inquiètent par rapport aux plafonds d'émissions de CO2 fixés par les autorités européennes.

D'après les analystes, pour atteindre les objectifs fixés par l'UE, la France a besoin de multiplier par trois la part de marché des véhicules électriques. Concrètement, elle devra passer de 1,8 % actuellement à 6 % à l'horizon 2021. En parallèle, les hybrides rechargeables devront quintupler les ventes pour gagner 5 % de parts de marché.

Les constructeurs ont dû investir massivement dans les modèles électrifiés pour éviter des sanctions prévues par la lutte antipollution. Toutefois, vu les chiffres de janvier dernier, ils ne pourront pas de sitôt rentabiliser leur transition énergétique. Le problème vient notamment du prix des voitures électriques, plus chères d'environ 10 000 euros qu'un modèle thermique équivalent.

Des chiffres peu encourageants

En janvier dernier, le groupe français PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall) a enregistré une baisse des ventes de 5,91 % par rapport à la même période de l'année en 2019. Cette mauvaise nouvelle contraste légèrement avec l'enthousiasme suscité par sa fusion avec FCA (Fiat Chrysler Automobiles). Chez Renault, le recul des livraisons est encore plus marqué (-17,45 % depuis que l'année a commencé).


Les marques étrangères ont également connu un ralentissement significatif de leurs activités en ce début d'année. Volkswagen, par exemple, affiche un repli de 16,7 % en un an, avec 14 799 immatriculations. Plusieurs marques du géant allemand ont réalisé une contre-performance.

Dans le détail, les immatriculations de Volkswagen ont diminué de 30,6 %, tandis que celles d'Audi ont reculé de 12,1 %. Néanmoins, les autres marques du groupe font mieux. Ainsi, Porsche, Seat et Skoda ont vu leurs ventes augmenter respectivement de 32,9 %, 16,4 % et 5,7 %.

Dans ce contexte, l'année 2020 s'annonce peu prometteuse pour l'industrie automobile. D'autant plus que l'incertitude règne par rapport à l'évolution des nouvelles normes appliquées dans le secteur. Ainsi, le CCFA a prévu un ralentissement de 3,2 % sur l'ensemble de l'année. Il s'agira du premier recul observé depuis cinq ans.