Les concessions dans l’Hexagone ont rouvert depuis la levée du confinement, le 11 mai 2020. Mi-juin, les acteurs du secteur n’ont pas caché leur soulagement en voyant les clients revenir dans les showrooms. Toute la filière automobile commence d’ailleurs à ressentir les effets de la reprise. Les professionnels restent toutefois inquiets pour la rentrée.

Les concessions dans l'Hexagone ont rouvert depuis la levée du confinement, le 11 mai 2020. Mi-juin, les acteurs du secteur n'ont pas caché leur soulagement en voyant les clients revenir dans les showrooms. Toute la filière automobile commence d'ailleurs à ressentir les effets de la reprise. Les professionnels restent toutefois inquiets pour la rentrée.

Aujourd'hui, les internautes peuvent découvrir les spécificités de leur future voiture, souscrire une assurance auto en ligne ou même passer commande auprès des concessionnaires. Dans tous les cas, le flux de clients de ces derniers a significativement augmenté dès le début du déconfinement. La fréquentation des concessions tend même à dépasser le niveau enregistré en début d'année, selon Autoactu.


Cette forte affluence est en partie due au plan de relance de la filière, annoncé par l'exécutif fin mai dernier et appliqué dès début juin. De nombreux professionnels sont toutefois assez sceptiques concernant les effets de ces mesures sur les ventes. Les prérequis sont en effet trop restrictifs.

Un succès relatif

Le comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA) se félicite du succès du plan de relance déployé récemment par le gouvernement. La médiatisation des mesures y afférentes a provoqué un certain regain d'intérêt pour les voitures et contribué au retour des clients dans les concessions.

D'après le porte-parole du CCFA, François Roudier :

Les primes à la conversion partent vite. À ce rythme-là, elles seront épuisées en juillet.

Ce dispositif est en effet limité aux 200 000 premiers dossiers validés. Toutefois, les professionnels du secteur n'ont pas encore centralisé les données concernant l'octroi des primes à la casse. Ils n'ont donc aucun moyen de chiffrer les performances de cette aide à l'achat, pour l'instant.

Les concessionnaires, en revanche, se révèlent plus dubitatifs concernant l'efficacité de cette prime. Selon eux, les conditions d'accès sont trop restrictives que ce soit au niveau des revenus ou des modèles éligibles. Les voitures familiales, par exemple, sont assez rares à bénéficier de cette aide. De plus, les consommateurs ont des difficultés à maîtriser les subtilités du dispositif.


le souligne le concessionnaire Jean-Patrice Bernard, basé dans l'Ain :

Les aides sont aussi assez complexes, et il est souvent difficile de savoir si un véhicule est éligible. Les clients peuvent être déçus.

En tout cas, les mesures de soutien du gouvernement semblent favorables aux ventes d'hybrides et d'électriques. Les volumes réalisés sur ces segments restent néanmoins faibles. Les modèles électrifiés ont détenu seulement 9,2 % de parts de marché de janvier à mai 2020, selon Les Échos.

Une tendance encourageante

Eu égard aux retombées économiques de la pandémie, les professionnels de la filière automobile étaient assez pessimistes concernant le redémarrage post-confinement. En effet, de nombreux clients potentiels risquaient de reporter ou de renoncer à leur achat face à cette période dominée par l'incertitude.

Les ventes ont néanmoins repris assez rapidement. D'après les distributeurs, cette tendance s'explique notamment par un effet de rattrapage après le confinement. Certains clients ont été contraints d'ajourner leur projet d'achat en raison de la fermeture soudaine des concessions en mars dernier. Ils sont donc revenus finaliser leur démarche dès la réouverture.

Les offres de location avec option d'achat (LOA) contribuent aussi à alimenter ce phénomène de rattrapage, d'après les professionnels du secteur. De nombreux contrats sont en effet arrivés à échéance durant les deux mois du confinement. Les renouvellements qui devaient être effectués sur cette période ont donc été reportés et se sont concentrés sur un laps de temps assez court.


Enfin, certains ménages ont réalisé des épargnes à leurs dépens depuis le début de la crise du Covid-19, surtout durant le confinement. Le contexte sanitaire actuel a par ailleurs tendance à perturber les projets des consommateurs. Ces derniers finissent par acheter un nouveau véhicule, pour se consoler et mettre à profit ces économies imprévues.

Selon un concessionnaire français, dans les colonnes des Échos :

On voit des gens qui veulent se faire plaisir. Comme ils n'ont pas pu partir en voyage en famille, ils consacrent le budget correspondant à une nouvelle voiture.