Jusqu’ici, les propriétaires des voitures électriques ont la chance de profiter d’un tarif assurantiel avantageux par rapport à ceux qui circulent à bord d’un modèle roulant au diesel ou à l’essence. Mais tout indique qu’ils n’en auront peut-être plus pour longtemps si l’on croit les résultats d’une étude récemment publiée par la branche suisse d’AXA.

Pour séduire, les véhicules roulant à l'électricité disposent d'atouts non négligeables ne serait-ce que d'énumérer le fait qu'ils permettent de réaliser des économies considérables en matière d'entretien et de carburant.

Côté assurance, ils seraient même nettement moins onéreux puisque la différence tarifaire est actuellement évaluée à 30% par rapport aux modèles thermiques. Du moins, pour le moment, car une étude récente a permis de penser à un retournement de situation.

En effet, en août dernier, la filiale suisse d'AXA a mené une enquête spécifique dans ce domaine. Il en ressort que la sinistralité liée aux voitures électriques est toute aussi conséquente que celle de l'essence ou du diesel.

Le niveau serait même plus élevé lorsqu'il est question de SUV ou de la catégorie luxe. Des raisons suffisantes qui pourraient inciter les assureurs à revoir leur tarif.


Des primes jusqu'à 50% moins chères

D'après AXA, choisir un véhicule roulant à l'énergie verte (électrique, hybride) est désormais un choix judicieux pour les automobilistes notamment en matière d'assurance auto. Tout cela, parce que dans ce domaine, les primes peuvent aller jusqu'à 50% moins chères que celles proposées pour les voitures thermiques. À un responsable de l'enseigne d'en expliquer la raison :

« Du fait de leur autonomie encore modeste (entre 100 et 300 km selon les modèles), mais en constante progression, les voitures électriques roulent sur des distances limitées, et moins vite qu'une voiture essence ou diesel. La probabilité d'avoir un accident est donc moins élevée?! Du coup, votre assureur est susceptible de vous proposer une cotisation inférieure à celle d'une voiture classique. »

Mais il faut dire que ce n'est pas l'unique facteur puisqu'AXA y voit également une stratégie commerciale adoptée par les assureurs afin de séduire une clientèle vouée à s'agrandir davantage. Dans ce sens, ils rivalisent d'idées dans des offres susceptibles d'attirer l'attention comme :

  • Le premier mois offert lors de la souscription ;
  • Les réductions de 30% ou les remises qui varient entre 50 et 150 euros selon l'établissement.

Pourtant, il faut préciser que comme les modèles thermiques, l'électrique et l'hybride sont couvertes par les mêmes formules et contrats avec en surplus des garanties spécifiques pour la plupart des cas notamment lorsqu'il s'agit d'une panne liée à un problème de batterie nécessitant une assistance ou un remorquage vers un garagiste spécialisé ou une station de recharge.

Le début de la fin s'annonce

Un tel avantage tarifaire est certes une longueur d'avance pour les propriétaires de voitures électriques d'autant que les assureurs ont consenti à leur accorder ce privilège. Du moins, pour le moment puisque tout indique que ces derniers sont attendus au tournant si l'on croit un responsable de chez AXA qui s'est exprimé en ces termes :

« Nous prendrons des mesures dès que nous serons sûrs que les tendances sont significatives ou dès que nous verrons que les coûts des accidents impliquant des véhicules électriques sont nettement plus onéreux que d'autres. »

Et en tenant en compte des résultats de l'enquête initiée par la filiale suisse du groupe publiés en août dernier, l'on pourrait dire que le début de la s'annonce pour les automobilistes. Tout simplement parce que cette étude a permis de découvrir que :

« La fréquence de sinistre des modèles électriques est globalement comparable à celle des autres véhicules. »

Dans les détails, ce rapport a fait valoir que la fréquence des sinistres est même plus élevée auprès des SUV et des catégories luxes en dépassant de 40% le taux enregistré par le diesel ou l'essence. À AXA d'en énumérer les principaux facteurs :

  • Une accélération extrêmement rapide et de surcroît silencieuse ;
  • Le recours fréquent au système d'assistance de conduite, qui sape la réaction du conducteur ;
  • Le caractère fortement inflammable des batteries, qui peuvent prendre feu même 48 h après l'accident.

À noter que contrairement à ces derniers, les petits modèles urbains électriques sont moins dangereux. La preuve, ils provoquent 10% moins d'accidents que les modèles classiques de ce segment.