Dans 72 % des cas, la prime à la conversion a profité à des foyers non imposables. Nombre de voitures anciennes qui carburent au diesel ont pu être remplacées par des véhicules moins polluants. Les ménages modestes ont donc été efficacement ciblés. L’enquête réalisée par le ministère de la Transition écologique révèle toutefois des disparités.

Grâce à la prime à la casse (dont les conditions d’octroi ont été revues), les pouvoirs publics ont encouragé les Français les moins lotis à se mettre aux voitures plus écologiques.

Peu importe qu’il s’agisse de véhicules de seconde main ou neufs, l’essentiel est qu’ils émettent moins de dioxyde de carbone. Une étude du ministère de la Transition écologique dresse un bilan positif de l’année écoulée.

En même temps, le cadre juridique qui régit ce dispositif a été révisé du fait de la crise des Gilets jaunes. Le seuil d’éligibilité est ainsi descendu à 116 grammes de CO2 par kilomètre.

Un bilan positif sur le plan collectif

Concernant le bilan socioéconomique, le Commissariat général au développement durable (CGEDD) enregistre un bilan globalement positif. L’écart entre les bénéfices environnementaux (375 millions d'euros) et les dépenses supplémentaires (310 millions d’euros) engendrées par l’application du dispositif s’établit à 65 millions d’euros.


Selon l’étude en question, ce résultat découle principalement de l’implication du gouvernement :

« Il semble donc que l'intervention publique soit justifiée, car les détenteurs de vieux véhicules n'ont pas, d'après ces analyses, un intérêt individuel suffisant pour les remplacer ».

Les deux tiers des gains récoltés découlent du fait que les usagers de la route ont pu éviter de rejeter une quantité importante d'oxyde d'azote (NOx) et de particules fines.

En effet, la flotte dans l’Hexagone a rajeuni. Ceux qui ont bénéficié de la prime à la casse consomment moins de carburant (75 millions d’euros de gains) et font moins d’entretien (60 millions d’euros d'économies).

Le gouvernement a atteint sa cible

En 2018, la prime à la conversion a profité à 253 000 individus. Mais désormais, elle ne concerne plus que les voitures de classe Crit’Air 1 ainsi que les véhicules Crit'Air 2 mis en circulation après le 1er septembre 2019.

L’étude du ministère avance que les acquéreurs comptent le plus souvent parmi les populations à faibles revenus et vivant à la campagne. Les économies réalisées ont donc pu leur servir à contracter une assurance auto.

Pour ce qui est du montant de la prime, il dépend du revenu fiscal de référence de chaque foyer. Par exemple, la somme attribuée à un ménage dont les ressources excèdent plus de 13 489 euros s’élève à 2 500 euros. Il s’agit en tout cas d’un bon investissement pour le gouvernement.

En effet, le niveau moyen d’émissions de CO2 des modèles achetés (106 grammes par kilomètre) ne dépasse pas le taux imputable au parc de véhicules neufs (112 grammes par kilomètre).