Durant le confinement, les retards se sont accumulés dans le secteur des écoles de conduite, car ces dernières ont dû fermer. Conséquence, 350 000 examens du permis ont été annulés. Les cours ont repris depuis le 13 mai dernier, mais les places sont parfois insuffisantes dans les auto-écoles traditionnelles. Leurs concurrentes dématérialisées se présentent alors comme une alternative.

De nombreux jeunes conduisent pour la première fois à partir de la rentrée. Avant même d'acheter une voiture et de consulter des devis assurance auto, ils doivent passer leur permis. Cependant, l'obtention de ce papier a été rendue difficile par la crise sanitaire. Début juillet dernier, Le Figaro relatait que seule une place par jour était parfois disponible dans les auto-écoles classiques.

Néanmoins, les intéressés peuvent se tourner vers les écoles de conduite en ligne. Ces dernières sont reconnues pour leur flexibilité concernant l'apprentissage du Code. Au niveau de la conduite en revanche, elles ne proposent aucune alternative lorsque les moniteurs, qui sont indépendants, ont un empêchement de dernière minute.


Quelques inconvénients

Lorsque les instructeurs des auto-écoles en ligne ne sont pas disponibles, la séance de conduite doit être ajournée. Cette situation entraîne quelquefois le décalage de la date du passage de l'examen, notamment lorsque l'élève a besoin davantage d'entraînement. Elle est d'autant plus problématique dans les régions où il manque des inspecteurs. En effet, les délais de présentation sont rallongés pour les candidats libres. Ils peuvent atteindre 9 mois, contre 1 mois avec les enseignes traditionnelles.

Depuis quelques années, les écoles de conduite classiques dénoncent le modèle de leurs concurrentes digitales. D'ailleurs, plusieurs d'entre elles n'acceptent pas les élèves qui ont suivi des cours en ligne et raté leur examen. La directrice d'une auto-école située à Vannes explique :

Si on répare les pots cassés des auto-écoles en ligne, personne ne verra les failles de ce système. C'est un peu dur, mais on veut que les gens s'indignent et se soulèvent contre ce modèle.

Les acteurs traditionnels remettent également en cause le taux de réussite affiché par les auto-écoles en ligne. Il est effectivement difficile de le déterminer exactement sachant qu'il est basé sur des affirmations de candidats.

La mise en place de Rendez-vous Permis en 2021 à l'échelle nationale est censée remédier à cette situation. Cette plateforme gouvernementale vise à centraliser tous les dossiers de manière à faciliter la comparaison des données des auto-écoles physiques et des enseignes dématérialisées.


Obtenir le permis de conduire en déboursant moins

La crise sanitaire a favorisé l'activité des auto-écoles en ligne. Durant le confinement, elles ont connu une forte hausse du nombre d'inscriptions. Leurs tarifs constituent le premier avantage des enseignes en ligne. Ils s'établissent à moins de 1 000 euros, contre 1 800 euros en moyenne pour les écoles de conduite classiques. C'est ce que révèle un communiqué publié par le ministère de l'Économie le 19 février dernier.

Le géant du e-commerce Cdiscount propose notamment une formation au permis de conduire accessible à 748 euros. Développée en collaboration avec Lepermislibre, l'offre comporte des cours de Code et 20 heures de conduite. D'après le directeur marketing de l'auto-école en ligne, Cédric Chevallier, cette formule coûte 35 % moins cher par rapport à la moyenne constatée sur le marché. Si les acteurs dématérialisés peuvent lancer des offres aussi agressives, c'est parce qu'ils ne disposent pas de locaux.

Pour les élèves, l'inscription dans une auto-école en ligne implique des modalités différentes. La révision du Code s'effectue à domicile. Les heures de conduite, quant à elles, peuvent être effectuées partout dans l'Hexagone et doivent être planifiées avec un moniteur indépendant.

En tout cas, le gouvernement entend faire baisser le prix du permis de conduire en France. À ce titre, toutes les écoles de conduite sont contraintes de délivrer aux candidats un contrat-type depuis début juin 2020. Dans ce document, elles doivent présenter leurs tarifs de manière transparente.